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Première sortie de Stéphane Pallage

Un nouveau capitaine à bord de l’Uni



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Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Marc Hansen, accueille le nouveau recteur Stéphane Pallage avec une dotation publique en hausse et des exigences qui en découlent. (Photo: Nader Ghavami)

Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Marc Hansen, a présenté lundi Stéphane Pallage, le recteur de l’Université du Luxembourg en fonction depuis le 1er janvier.

Annoncé dès le mois d’octobre, le successeur de Rainer Klump a été présenté à la presse lundi. Un recteur dont la candidature a été épluchée et validée en toute indépendance, souligne Marc Hansen, «puisque le gouvernement n’avait aucun représentant direct dans la commission de recrutement». «Nous avons pris le temps nécessaire pour trouver le bon candidat en toute transparence», renchérit Yves Elsen, président du conseil de gouvernance de l’Uni, vantant le profil à 360° de l’heureux élu, chercheur (aide internationale, lutte contre le travail des enfants), enseignant (macroéconomie appliquée) et gestionnaire puisque son dernier poste était celui de doyen de l’École supérieure de gestion de l’Université du Québec à Montréal (15.000 étudiants, 600 professeurs et assistants). Belge naturalisé canadien, il aura passé «25 ans hors d’Europe», souligne M. Elsen, de Pittsburgh à Montréal.

«Je suis très heureux d’être ici», sourit Stéphane Pallage dans un français teinté d’un léger accent québécois – et qui assure comprendre en partie le luxembourgeois parlé par ses grands-parents habitant près d’Arlon. «Pour moi, l’Université du Luxembourg est un véritable bijou. Peu d’endroits au monde ont un tel potentiel universitaire. J’appréciais mon emploi à Montréal et je ne l’aurais quitté pour rien au monde, sauf pour le projet de l’Uni.»

Saluant un gouvernement «visionnaire» qui «a d’emblée décidé que l’Université serait excellente», le nouveau recteur dévoile son objectif: «faire de l’Uni une des meilleures du monde, et je pense cela réaliste vu ce qu’elle a réalisé jusqu’ici». Surtout que le contrat d’établissement liant le ministère de tutelle à l’Uni fixe à 766,84 millions d’euros la dotation publique pour les quatre prochaines années.

Nous sommes bien sûr une université autonome, mais nous avons des comptes à rendre envers le ministre.

Stéphane Pallage, recteur de l’Université du Luxembourg

«L’augmentation de cette dotation de 30% par rapport au contrat précédent est un signal de la confiance que le gouvernement place en nous», insiste M. Pallage. «Nous devons mériter cette confiance et je m’engage à ce que la gestion des fonds publics soit exemplaire. Nous sommes bien sûr une université autonome, dont la liberté académique est parfaitement garantie, mais nous avons des comptes à rendre envers le ministre.»

Des mots qui traduisent la bonne connaissance du contexte de l’Uni après ce que M. Hansen appelle une «année turbulente», entre la mauvaise gestion financière et le départ lié de l’ancien recteur Rainer Klump. «L’Université est un moteur d’innovation et de changement en action depuis 14 ans et elle a tout à fait sa place en faisant de la recherche et en formant les cerveaux qui seront la relève sur le marché du travail», défend M. Pallage, qui a pris le soin de s’entretenir avec des artisans de l’Uni comme le recteur émérite Rolf Tarrach et l’ancienne ministre Erna Hennicot-Schoepges.

Nous sommes dans le même bateau, un superbe navire, et nous ramons dans la même direction.

Stéphane Pallage, recteur de l’Université du Luxembourg

M. Pallage soutient également le projet de loi sur l’organisation de l’Université, dont les derniers amendements sont actuellement examinés par le Conseil d’État. «Il définit mieux les rôles, et permet de mieux séparer les pouvoirs» entre les différentes instances, salue le nouveau recteur. Une séparation des pouvoirs qui pourrait le conduire à ne pas revendiquer la présidence du conseil universitaire – présidence instaurée d’office pour le recteur auparavant, et désormais facultative.

«Nous sommes une seule équipe qui travaille pour le bien de l’Université», souligne le nouveau recteur, qui a également tenu un «discours rassembleur» devant les 800 personnels de l’Uni conviés au pot du Nouvel An lundi matin. «Nous sommes dans le même bateau, un superbe navire, et nous ramons dans la même direction.»