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Nucléaire iranien

Trump casse l’accord négocié avec Téhéran



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Donald Trump prend le risque de raviver les tensions au Moyen-Orient en cassant un accord longuement négocié avec l’Iran. (Photo: Licence C. C.)

C’est fait, les États-Unis se retirent de l’accord sur le nucléaire iranien. Donald Trump prend donc le risque de faire monter la tension de plusieurs crans au Moyen-Orient pour se retirer d’un texte qu’il estime «désastreux».

Il l’avait promis lors de sa campagne électorale, il a donc mis sa menace à exécution. Le président américain Donald Trump a annoncé ce mardi 8 mai, en soirée pour l’Europe, que les États-Unis se retiraient de l’accord sur le nucléaire iranien.

Cet accord avait été négocié pendant plus de 20 mois par les cinq membres du Conseil de sécurité de l’Onu plus l’Allemagne, et signé en 2015 sous la présidence de Barack Obama.

Mais pour Trump, cet accord, qui avait pourtant éloigné le risque d’une escalade nucléaire au Moyen-Orient, est «désastreux». Il a donc décidé de rétablir toutes les sanctions qui avaient été mises en place contre la République islamique afin de la pousser à abandonner son programme nucléaire à visées militaires.

Des preuves?

Les sanctions concernent essentiellement le secteur pétrolier iranien, les relations avec la Banque centrale iranienne, les exportations aéronautiques vers l’Iran, le commerce des métaux et l’obtention de dollars américains. Vu les mauvaises relations entretenues avec le gouvernement Trump, Téhéran a d’ailleurs récemment fait le choix de l’euro, plutôt que du dollar, dans ses relations commerciales internationales.

Dans ses déclarations pour justifier la dénonciation de cet accord, le président américain a précisé «avoir la preuve» que l’Iran ne respecte pas sa promesse de limiter son programme au nucléaire civil.

L’Europe maintient l’accord

Si cette décision a été saluée par Israël et l’Arabie saoudite, les puissances européennes ont marqué leur désapprobation et entendent, pour l’instant, maintenir l’accord. Pas question donc, au niveau européen, de rétablir les sanctions économiques actuellement. L’Allemagne, la France et la Grande-Bretagne, qui ont participé aux négociations, se disent prêtes à travailler pour obtenir un nouvel accord, plus large.

Quant à l’Iran, il a annoncé vouloir discuter avec les Européens, les Russes et les Chinois pour tenter de sauver cet accord. Mais il menace également de reprendre les opérations d’enrichissement d’uranium, selon le résultat des futures négociations.