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Robert Goebbels défend Yves Bouvier



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Cette situation embarrasse le Freeport, qui n’est toujours pas une affaire rentable: «Les dettes proviennent principalement de la construction du bâtiment. Mais si le Freeport n’a pas pris son envol, c’est principalement à cause de l’affaire Bouvier», s’exprime Robert Goebbels. (Photo: Edouard Olszewski)

Le président du Freeport est revenu lundi sur l’actionnariat de la société. Pour Robert Goebbels, les soucis judiciaires de son actionnaire principal suisse, Yves Bouvier, seraient sans conséquence pour les activités au Findel.

«L’actionnaire principal du Freeport reste Yves Bouvier, malgré ses déboires judiciaires et toutes les répercussions négatives que cela peut avoir, même si ces derniers n’ont rien à faire avec le Freeport. Il est d’ailleurs en passe de gagner son procès contre un oligarque russe.» Tel est le point de vue de Robert Goebbels, ancien ministre (LSAP) et président du Freeport, interrogé lundi en marge d’un point presse sur la visite d’eurodéputés au sein de la société.

À l’origine de cette mauvaise publicité, la plainte déposée par le milliardaire russe Dmitry Rybolovlev, qui avait acquis, pour deux milliards d’euros, 37 tableaux et sculptures à Yves Bouvier, marchand suisse et initiateur du Freeport Luxembourg. Une somme jugée trop importante par l’homme d’affaires russe, qui a porté plainte et amené à la garde à vue d’Yves Bouvier. Pour Robert Goebbels, l’affaire devrait bientôt être réglée.

Toujours pas une affaire rentable

«L’oligarque russe a lui-même revendu les œuvres pour une somme bien plus importante encore, mais de toute façon, cela n’a rien à voir avec le Freeport», ajoute Robert Goebbels. Même si cette image négative a des répercussions: «Des sociétés m’ont dit qu’ils ne feraient pas appel au Freeport tant que l’affaire Bouvier ne serait pas réglée, les répercussions sont donc réelles», précise le président.

Cette situation embarrasse le Freeport, qui n’est toujours pas une affaire rentable: «Les dettes proviennent principalement de la construction du bâtiment. Mais si le Freeport n’a pas pris son envol, c’est principalement à cause de l’affaire Bouvier.»

Une demi-douzaine de locataires

Une affaire que suit de près la délégation d’eurodéputés venus lundi au Luxembourg visiter le Freeport: «Nous suivons l’affaire Bouvier avec grand intérêt, parce qu’il a un lien avec la Suisse. Nous avons beaucoup de questions sur le fonctionnement de ces entrepôts», note Ana Gomes, la chef de file de la commission d’enquête. En effet, Robert Goebbels confirme qu’Yves Bouvier possédait de petites parts dans le Freeport de Genève, «parts qui ont été récemment vendues».

Actuellement, une demi-douzaine de sociétés louent des espaces au Freeport pour leurs clients, soit entre 50 et 250m2. Des clients qui peuvent être des collectionneurs de vin, par exemple, ou encore des sociétés informatiques qui cherchent à stocker leur back-up électronique.

Nous nous plions à toutes les régulations.

Robert Goebbels, président du Freeport

Pour diversifier les activités du site, le Freeport se loue également pour des soirées privées ou pour des expositions, ou encore pour des ateliers de restauration d’œuvres d’art. Il faut dire que le lieu s’y prête, puisque le hall est très grand et parfait pour les réceptions.

Il faut néanmoins montrer patte blanche pour rentrer dans l’enceinte: document d’identité, scan comme à l’aéroport, la sécurité est maximale pour «le bâtiment le mieux surveillé du Luxembourg», estime Robert Goebbels. «Le Freeport doit devenir un grand hub logistique, et nous nous plions à toutes les régulations pour cela», a-t-il ajouté.