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Commission d’enquête

Le Freeport dans le viseur des eurodéputés



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Les activités du Freeport restent assez nébuleuses pour les députés européens qui enquêtent sur le blanchiment d’argent. (Photo: Edouard Olszewski)

Un groupe de députés européens est venu visiter le Freeport lundi dans le cadre d’une enquête sur le blanchiment d’argent au niveau européen. La visite a suscité une multitude de questions que les eurodéputés veulent adresser à l’administration luxembourgeoise.

Une enquête diligentée par le Parlement européen en mars dernier dans le cadre des Panama Papers a soulevé des «soucis de fonctionnement» avec le Freeport. Malgré la bonne volonté de son président, Robert Goebbels, la commission d’enquête ne s’est pas rendue sur place et a publié un rapport «désobligeant» sur le Freeport en décembre dernier. «J’avais pourtant immédiatement écrit au président de la commission d’enquête pour dire que le Freeport était ouvert», regrette Robert Goebbels.

La chef de file de cette commission, l’eurodéputée Ana Gomes, s’est donc rendue au Freeport lundi, avec un groupe de députés européens, pour voir d’eux-mêmes le fonctionnement de ce dernier: «Nous faisons partie d’une commission d’enquête sur les Panama Papers et LuxLeaks, notamment. De ce fait, nous nous intéressons aux Freeport d’Europe», explique l’eurodéputée. «Nous avons posé beaucoup de questions, il était important de venir voir nous-mêmes. Et même si l’accueil a été bon, plusieurs questions demeurent sans réponse pour les autorités luxembourgeoises.»

C’est aux douanes qu’il faut demander.

La direction du Freeport

Ana Gomes s’intéresse notamment au niveau de contrôle de l’administration des douanes et des finances: «Le Freeport est une entreprise privée qui loue de l’espace, mais qui contrôle, qui est responsable de ce qui transite dans ces espaces?»

Pour Robert Goebbels, le Freeport enregistre et identifie les bénéficiaires économiques, mais pour le reste, c’est aux douanes qu’il faut demander. «Le Freeport ne fait que louer de l’espace à des entreprises qui alors en disposent», estime le président. C’est justement ce qui gêne Ana Gomes et sa commission: «Il va falloir continuer à enquêter», estime-t-elle. «L’important, c’est la transparence, est-ce qu’il est possible de cacher quelque chose? Il y a un mur de protection entre le Freeport et les douanes, il faut donc continuer les discussions avec ces dernières.»

Selon Robert Goebbels, le Freeport est dans les clous de la réglementation: «Un rapport du 22 novembre à Berlin sur les zones de free trade a nommé comme zones exemplaires les États-Unis, Bogota et Luxembourg. Nous sommes contrôlés en permanence. J’aurais préféré que la commission d’enquête vienne visiter le Freeport avant de rédiger son rapport», a regretté le président. «Nous ne sommes pas la Suisse!»

La balle est donc dans le camp des autorités luxembourgeoises pour éclairer Ana Gomes et son équipe sur la transparence de l’activité du Freeport.