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L’État veut payer pour maintenir RTL Télé Lëtzebuerg



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Les négociations entre le gouvernement, CLT-UFA, RTL Group et Bertelsmann devraient s’achever d’ici l’été. (Photo: Maison Moderne /archives)

Le gouvernement entend maintenir la mission de service public de la chaîne télévisée RTL Télé Lëtzebuerg. Pour ce faire, il est prêt à compenser le déficit financier de la chaîne que porte actuellement le groupe RTL.

RTL Télé Lëtzebuerg coûterait entre 20 et 30 millions d’euros par an, mais ne générerait que 8 à 9 millions d’euros en recettes publicitaires sur une même durée. Tels sont les chiffres avancés par la députée CSV, Diane Adehm ce lundi, après la visite du Premier ministre et ministre des médias Xavier Bettel à la commission parlementaire des médias pour faire le point sur les négociations en cours entre l'État luxembourgeois, CLT-UFA, RTL Group et Bertelsmann.

Ces dernières portent principalement sur le renouvellement des fréquences luxembourgeoises utilisées par RTL pour ses programmes, essentiellement télévisés, ainsi que la mission de service public de RTL Télé Lëtzebuerg.

À l’issue de la réunion, Xavier Bettel a déclaré que le gouvernement veut maintenir la mission de service public qu’assure la chaîne télévisée luxembourgeoise depuis des décennies, mais que pour maintenir la chaîne au sein du groupe RTL, l’État devrait compenser les pertes que génère la chaîne pour le groupe.

Le calcul

Pour faire le calcul, il faut déduire les recettes publicitaires et la valeur des fréquences mises à disposition par l’État du déficit total, soit 20-30 millions d’euros de coûts moins 8-9 millions de pub et moins la valeur des fréquences, qui, selon le Premier ministre, ne valent plus «aujourd’hui ce qu’elles valaient autrefois».

Le député ADR Roy Reding a affirmé que les fréquences «valaient autrefois entre 10 et 15 millions d’euros par an et plus que 5 millions aujourd’hui». Selon un calcul vague, étant donné les marges, on arriverait à une fourchette pour l’estimation du déficit entre 6 et 17 millions d’euros par an.

Le Premier ministre et ministre des Médias a en revanche souligné qu’en contrepartie de la compensation financière, une commission devrait être mise en place pour contrôler la qualité des programmes diffusés. Cette commission pourrait être composée de membres de la chaîne elle-même, mais également du Parlement. Diane Adehm a ajouté qu’un consultant externe ferait une comptabilité analytique.

Outre sa volonté de compenser les pertes, le gouvernement serait désormais prêt à négocier des contrats de concession plus courts. Au lieu des contrats actuellement valables sur dix années, les futurs contrats pourraient porter sur une durée de «trois années», a déclaré Xavier Bettel.

Le monopole

Le Premier ministre a par ailleurs exclu l’idée avancée par certains députés de créer une deuxième chaîne télévisée de service public: «Cela nous coûterait le double de ce que ça nous coûte actuellement.» Jusqu’à présent RTL et l’État auraient après tout bien fonctionné ensemble. Selon Xavier Bettel ce ne serait pas à lui de dire aux journalistes ce qu’ils doivent faire, mais les journalistes auraient leur déontologie à respecter.

Xavier Bettel entend terminer les négociations avec CLT-UFA, RTL Group et Bertelsmann d’ici l’été. Le contrat négocié en 2007 expire fin 2020. Contrairement à Diane Adehm, Xavier Bettel pense que le montant final pour compenser le déficit de RTL Télé Lëtzebuerg ne dépassera pas le seuil qui nécessite une loi.