PLACE FINANCIÈRE & MARCHÉS — Banques

Tensions sur la Place

Les salariés de RBC réclament «leur prime»



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Entre 250 et 300 salariés de RBC ont manifesté, mercredi, pour demander le versement de la prime de juin, malgré la recommandation de l’ABBL. (Photo: Olivier Minaire/archives)

Deux jours après la recommandation de l’ABBL aux banques de ne pas verser la prime de conjoncture, plusieurs centaines de salariés de l’établissement bancaire implanté à Esch-Belval ont manifesté mercredi. Une action «spontanée» soutenue par l’intersyndicale.

La position de l’ABBL de recommander de ne pas verser la prime de juin ne cesse de faire des vagues sur la Place. Après la position officielle des syndicats, publiée mardi, c’est au tour d’une partie des 25.000 salariés du secteur financier de donner de la voix. Selon le Tageblatt, «entre 250 et 300» personnels de RBC Investor Services ont manifesté mercredi au cours de leur pause déjeuner sur appel des délégués du personnel aux cris de «nous voulons notre prime».

Qualifiée de «spontanée» par Gabriel Di Letizia, président du LCGB-SESF contacté mercredi par Paperjam.lu, cette action est soutenue par les trois syndicats qui y voient «une mobilisation justifiée des salariés». Selon Véronique Eischen, membre du bureau exécutif de l’OGBL, ce choix «ne répond pas à un appel de l’intersyndicale» et pourrait être suivi «d’autres actions similaires dans les jours à venir». Pour Laurent Mertz, secrétaire général de l’Aleba, ce mouvement «est l’illustration que les informations que nous avons relayées traduisent la réalité des salariés de la Place». Pour mémoire, la prime de juin est versée, en temps normal, en même temps que les rémunérations, ce qui varie d’une banque à l’autre. 

Continuer les discussions uniquement en plénière.

Gabriel Di Letizia, président du LCGB-SESF

Cette manifestation survenue sur le site d’Esch-Belval s’est déroulée alors que l’intersyndicale devait se réunir avec l’ABBL, mercredi après-midi, en groupe de travail, autour de l’épineuse question des rémunérations de la future convention collective du secteur. Une réunion qui s’est tenue entre les seuls représentants de l’Aleba et de l’ABBL, OGBL-SBA et LCGB-SESF ayant choisi de ne pas venir «car les chiffres que le patronat devait nous fournir avant la réunion n’ont pas été livrés», déplore Véronique Eischen.

Même son de cloche du côté de Gabriel Di Letizia, qui estime que «les groupes de travail ne fonctionnent pas, nous voulons continuer les discussions uniquement au sein des réunions plénières, seul endroit où les décisions sont prises». La prochaine réunion de ce type se tiendra le 2 juin prochain, les trois syndicats assurant qu’ils seront présents. Pour l’Aleba, l’absence de l’OGBL-SBA et du LCGB-SESF à la réunion de mercredi après-midi «ne traduit en rien le délitement du front syndical», Laurent Mertz justifiant la présence du principal syndicat de la Place autour de la table des négociations par le fait que «l’Aleba ne pratique pas la politique de la chaise vide».

Utiliser des méthodes de négociation des années 1980 ne fonctionne pas.

Serge de Cillia, CEO de l’ABBL

Tous s’accordent en revanche sur l’importance de la réunion programmée la semaine prochaine qui, en cas d’échec, pourrait conduire les syndicats à «utiliser les moyens à notre disposition pour mobiliser les salariés». Pour Gabriel Di Letizia, cela pourrait passer «par l’utilisation du droit de faire des assemblées générales par exemple». Concernant le versement de la prime de juin pour 2017, ce que Serge de Cillia, CEO de l’ABBL, qualifiait de «divergence d’interprétation», l’intersyndicale s’aligne sur la position de l’organisation patronale qui estimait mardi que le différend devait être réglé «par un tiers». Tous attendent pour cela le résultat de la réunion plénière de jeudi prochain et «de ce qui en ressortira».

Contacté mercredi par Paperjam.lu, l’ABBL assure que «les discussions menées mercredi ont abordé bon nombre de sujets concrets auxquels le syndicat présent s’est engagé à donner un retour avant la semaine prochaine». Pour les organisations syndicales absentes, Serge de Cillia estime que «pour mettre sur pied une convention collective moderne, utiliser des méthodes de négociation des années 1980 ne fonctionne pas» et maintient son intention de travailler avec quatre groupes de travail et des réunions plénières.