POLITIQUE & INSTITUTIONS — Politique

Tensions au Findel

«Le Premier ministre a cherché à trouver un accord»



Le groupe de travail autour de la réorganisation du Findel voulu par Xavier Bettel doit permettre de préciser noir sur blanc ce qui changera avec l'organisation souhaitée par François Bausch. (Photo: Sven Becker/Archives)

Le groupe de travail autour de la réorganisation du Findel voulu par Xavier Bettel doit permettre de préciser noir sur blanc ce qui changera avec l'organisation souhaitée par François Bausch. (Photo: Sven Becker/Archives)

La rencontre, mardi, entre les représentants du personnel de l’Ana, soutenus par la CGFP et l’OGBL, et Xavier Bettel et François Bausch a accouché d’une promesse. Celle de mettre en place un nouveau groupe de travail. Le processus de médiation, lui, se poursuit.

C’est avec un enthousiasme pour le moins contenu que les représentants du personnel de l’Administration de la navigation aérienne sont sortis, mardi après-midi, de leur rencontre avec le Premier ministre. Appelé à la rescousse dans la foulée de l’échec de la conciliation sur la réorganisation souhaitée par François Bausch (Déi Gréng), ministre du Développement durable et des Infrastructures (MDDI), Xavier Bettel (DP) aurait avant tout souhaité faire le point sur la situation.

«Le Premier ministre nous a fait part de sa volonté de dresser un état des lieux via la mise en place d’un groupe de travail», indique Roland Reiser, président de représentation du personnel de l’Administration de la navigation aérienne (RPAA) en précisant que Xavier Bettel «avait pris la discussion en main afin de tenter de trouver une solution». Même sentiment du côté de l’OGBL, qui souligne que le locataire du ministère d’État «a joué son rôle en ne voulant pas de discussions inutiles et en proposant des choses concrètes».

Les personnels sont prêts à faire grève.

Hubert Hollerich, secrétaire syndical OGBL

Dans les faits, le groupe de travail voulu par Xavier Bettel devra détailler noir sur blanc dans un tableau la répartition des compétences et des attributions entre l’Ana et Lux-Airport. Et ce, à la fois dans la configuration actuelle et dans le projet voulu par François Bausch où les rênes du Findel sont confiées à la seule société privée détenue par l'État.

Une idée accueillie sans effusion de joie particulière par les fonctionnaires de l’Ana, qui restent fermement opposés à toute réduction de leurs attributions, même si la proposition de Xavier Bettel est décrite malgré tout comme «une porte ouverte» destinée à proposer une issue au conflit. Reste donc désormais aux parties prenantes à s’accorder sur une date, mais aussi sur la composition précise de ce groupe de travail pour faire avancer la situation.

Cette dernière pourrait potentiellement se décanter après vendredi, date programmée de la première réunion de médiation initiée par la RPAA et la Guilde luxembourgeoise des contrôleurs de la circulation aérienne. Représentants du personnel et fonctionnaires du MDDI se retrouveront donc une nouvelle fois pour tenter de trouver des points d’entente, à défaut d’un accord final. «La médiation pourrait durer au moins deux ou trois réunions», estime Hubert Hollerich, secrétaire syndical OGBL qui souligne qu’«après cette période, la loi autorise les personnels à faire grève en cas de désaccord persistant».

Compte à rebours pour la certification

Une hypothèse «à laquelle les personnels sont prêts», mais qui sera mal venue du point de vue du gouvernement, non seulement en raison de l’impact économique qu’aurait une interruption partielle ou totale de la circulation aérienne, mais aussi de la nécessité d’obtenir la certification exigée par Bruxelles en raison de la hausse du trafic passager au Findel. Pour rappel, l’aérodrome luxembourgeois a jusqu’au 31 décembre 2017 pour répondre aux normes européennes de sécurité, faute de quoi tout trafic devra être suspendu sur-le-champ.

La pression est donc forte de part et d’autre de la table des négociations, chaque partie assurant «ne pas souhaiter l’échec de cette certification». Selon une source proche du dossier, dans l’état actuel des choses, cette dernière ne serait pas obtenue «au mieux avant Noël». Ce qui ne laisse qu’une très faible marge de manœuvre…