POLITIQUE & INSTITUTIONS — Politique

Tensions à l’aéroport

Bettel dans le rôle de juge de paix pour le Findel



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Face au conflit ouvert à la fois au sein de l'Ana et de Lux-Airport, le Premier ministre doit tenter de débloquer la situation ce mardi après-midi. (Photo: Marion Dessard/archives)

Suite à l’échec de la conciliation entre les fonctionnaires de l’Administration de la navigation aérienne et leur ministre de tutelle et le déclenchement d'une conciliation chez Lux-Airport, syndicats et représentants du personnel se retrouvent ce mardi au ministère d’État pour tenter de trouver une sortie de crise.

Trois semaines après la publication d’une lettre ouverte à destination de Xavier Bettel, les fonctionnaires de l’Ana seront écoutés par le Premier ministre. Initiée par la CGFP et l’OGBL, la rencontre doit officiellement permettre «d’exposer la problématique au Premier ministre et de lui rappeler les enjeux dans un domaine très sensible», selon Steve Heiliger, secrétaire général de la CGFP. En d’autres termes, faire prendre conscience, si besoin était, au chef de gouvernement du poids grandissant du Findel dans l’économie et des enjeux de sécurité aérienne qui en découlent.

En conflit ouvert depuis des mois avec François Bausch (Déi Gréng), ministre du Développement durable et des Infrastructures, accusé de «vouloir pousser Lux-Airport en tant qu’opérateur d’aérodrome alors même que la société privée n’en est pas encore capable», les fonctionnaires de l’Ana entendent tout bonnement faire désavouer leur ministre de tutelle. Soutenus par la CGFP et l’OGBL, ils entendent bien lui faire abandonner l’idée de confier à la seule Lux-Airport les rênes de la gestion du Findel et de confiner l’administration à un rôle subalterne par rapport à une société privée, quand bien même cette dernière appartient à 100% à l’État.

Bettel attendu pour débloquer la situation

Le ministre se retrouve ainsi accusé par Roland Reiser, président de représentation du personnel de l’Administration de la navigation aérienne (RPAA), de «pratiquer un monologue» et d’avoir «annoncé qu’il avait 100 raisons pour justifier sa volonté de confier la certification de l’aérodrome à Lux-Airport sans jamais n’en avoir cité une seule». Des propos auxquels le locataire de la Héichhaus n’a pas souhaité répondre, indiquant simplement via sa porte-parole qu’il ne commenterait pas la rencontre à venir.

Car si la réunion doit permettre la rencontre de la CGFP, de l’OBGL et des représentants du personnel avec Xavier Bettel, elle se fera également en présence du ministre du Développement durable et des Infrastructures. Une constellation qui placera ainsi le Premier ministre en position de juge de paix, censé trancher ou du moins débloquer un conflit qui a d’ores et déjà abouti à l’échec d’une procédure de conciliation et au déclenchement d’une médiation.

Personnels «prêts à aller jusqu’à la grève»

Une position délicate qui pourrait s'étaler entre un soutien partiel de son ministre et une confrontation plus ou moins directe avec les personnels et leurs soutiens syndicaux. Qualifié de «hasard du calendrier» par plusieurs acteurs du dossier, la rencontre se tient à trois jours de la première réunion de médiation autour de l’Ana et quelques jours après le déclenchement d’une procédure de conciliation au sein même de Lux-Airport.

Pour Hubert Hollerich, secrétaire syndical OGBL, «ces deux dossiers sont liés, car l’absence de dialogue apparaît comme un fil rouge». En cas d’«absence de geste du gouvernement dans notre direction», OGBL et représentants du personnel assurent «être prêts à aller jusqu’à la grève», même s’ils assurent «qu’un accord devrait pouvoir être trouvé». Le ministère d’État, sollicité à plusieurs reprises, n’a pas souhaité faire de commentaire.