POLITIQUE & INSTITUTIONS — Politique

Impasse entre syndicats et MDDI

La conciliation autour de l’avenir de l’Ana échoue



Le conflit ouvert au sein de l’Ana devrait être tranché par un juge, alors que le compte à rebours pour la certification de l’aérodrome s’arrêtera le 31 décembre 2017. (photo: paperJam)

Le conflit ouvert au sein de l’Ana devrait être tranché par un juge, alors que le compte à rebours pour la certification de l’aérodrome s’arrêtera le 31 décembre 2017. (photo: paperJam)

Représentants de la délégation du personnel et de la CGFP d’un côté et ceux du MDDI de l’autre ne sont pas parvenus, jeudi, à trouver un terrain d’entente dans le conflit ouvert qui dure depuis fin 2016. Une médiation devrait voir le jour d’ici la mi-mai.

La troisième réunion de conciliation qui s’est tenue jeudi au sein de la Cour supérieure de justice n’aura duré qu’un peu plus d’une heure. Le temps pour les représentants de la délégation du personnel (RPAA), de la CGFP et du MDDI de constater que chacune des parties campait sur ses positions. Interrogé à la sortie de l’audience, François Bausch (Déi Gréng), ministre du Développement durable et des Infrastructures, ne s’est pas attardé sur les détails de cet échec, indiquant simplement que «les syndicats n’ont pas voulu négocier sur mes propositions, car ils veulent que rien ne change».

Comprenez que les fonctionnaires de l’Administration de la navigation aérienne (Ana) refusent fermement que la nouvelle certification de l’aérodrome, rendue nécessaire par les règles européennes en raison de la croissance du trafic passager au Findel, ne soit confiée à Lux-Airport. Un choix que revendique pourtant le ministre afin de mettre fin à l’organisation bicéphale actuellement en vigueur au sein de l’aéroport.

Des audits aux résultats totalement contradictoires.

Roland Reiser, président de la RPAA

De son côté, la RPAA – soutenue par la CGFP -, estime que la procédure engagée en novembre dernier n’a abouti qu’à «un dialogue de sourds». Pour Roland Reiser, président de la délégation du personnel, la décision du ministre de transférer la certification de l’aérodrome à Lux-Airport, société de droit privé détenue à 100% par l’État, serait «une preuve de mépris pour le travail accompli par les fonctionnaires dans le cadre de cette certification».

Car si le conflit porte sur l’organisme qui prendra la responsabilité de cette future certification – et qui en touchera les revenus -, les travaux de certification ont d’ores et déjà commencé, cette dernière devant être obtenue au plus tard le 31 décembre prochain. Problème, selon les syndicats: Lux-Airport n’aurait pas les qualifications requises au sein de son personnel pour effectuer l’ensemble des démarches, d’où «des changements dans les intitulés des titres» ou des «audits menés à quelques mois d’intervalle et aux résultats totalement contradictoires».

Procédure de médiation à venir

«Un rapport réalisé par un expert autrichien indiquait en novembre dernier que l’Ana était incapable de réaliser les démarches nécessaires, mais un autre réalisé il y a quelques semaines, avec le même expert, mais pour le compte de Lux-Airport, dit que nous sommes les meilleurs», se désespère Roland Reiser, qui souligne que «même si des efforts ont été réalisés entre-temps, s’entendre dire qu’on ne sait pas marcher, puis qu’on vient de courir un 100 mètres en moins de 10 secondes, il y a de la marge».

La prochaine étape se tiendra le 9 mai prochain, avec la signature des documents de l’échec de la négociation. Les deux parties auront alors 48 heures pour indiquer si elles souhaitent entamer une procédure de médiation, qui aboutira à la nomination d’un juge. Les syndicats ont d’ores et déjà indiqué leur volonté d’aller dans cette voie. François Bausch, lui, sur l’échec de cette conciliation, d’indiquer que «c’est la vie».