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Politique étrangère

Le Luxembourg inquiet de la situation du Qatar



En dehors de ses relations financières avec le Luxembourg – via KBL epb et la Bil –, le Qatar y est aussi représenté par sa compagnie aérienne – ancien actionnaire principal de Cargolux – qui opère toujours au Findel. (Photo: DR)

En dehors de ses relations financières avec le Luxembourg – via KBL epb et la Bil –, le Qatar y est aussi représenté par sa compagnie aérienne – ancien actionnaire principal de Cargolux – qui opère toujours au Findel. (Photo: DR)

L’isolement du Qatar par ses principaux voisins est suivi de près au Grand-Duché, où les Qataris détiennent notamment deux importantes banques de la Place.

La mise au ban du Qatar, accusé de financer le terrorisme via ses relations avec l’Iran par ses voisins de l’Égypte, de l’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis et de Bahreïn, suscite des interrogations.

Ce mardi, le président de la commission des Affaires étrangères du Parlement, Marc Angel (LSAP), a qualifié cette récente actualité à Paperjam.lu d’«inquiétante», du fait que c’est aujourd’hui toute une région – le Golfe persique – qui est selon lui devenue «instable».

Si le sujet n’a pas encore été discuté au niveau de la Chambre – en «congé» cette semaine –, il pourrait être bientôt inscrit à son agenda, a encore affirmé Marc Angel, disant attendre l’avis d’experts ou encore du ministre des Affaitres étrangères et européennes, Jean Asselborn, selon l’évolution de la situation.

«Même si le Luxembourg n’entretient que quelques liens financiers et d’industrie privée avec le Qatar, nous allons suivre cette situation de près», a poursuivi Marc Angel, pour qui il va falloir à un moment ou à un autre se positionner «sinon au niveau luxembourgeois, du moins à celui de l’Union européenne».

Géopolitique

Ce nécessaire positionnement est aussi évoqué par le député Laurent Mosar (CSV), qui a pour sa part mis en avant une situation «qui n’est pas sans danger».

«Je ne comprends pas les réactions de l’Arabie saoudite et de ses alliés qui ne sont pas exempts de tout reproche en matière de financement du terrorisme», a-t-il encore souligné, évoquant «une raison qui ne tient pas et qui est plutôt d’ordre géopolitique, en relation avec le soutien du Qatar à l’Iran et l’excellente situation économique de ce pays qui, encore avec l’Iran, exploite en commun d’immenses champs de gaz et de pétrole».


Laurent Mosar dit en outre vouloir interpeler le ministre des Affaires étrangères et européennes, Jean Asselborn, quant à savoir comment vont réagir non seulement l’Union européenne, mais aussi le Luxembourg, «qui entretient des relations d’affaires avec le Qatar, à travers le fonds qatari Precision Capital qui détient 99,9% de KBL epb et 89,9% de la Bil dont il souhaiterait se défaire.

«Cette situation risque de poser problème à ces relations», fait encore savoir le député du CSV, selon lequel tant l’Union européenne que le Luxembourg doivent «redéfinir leurs relations avec tous ces pays».