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Fonds du logement

Le «Je reste» de Daniel Miltgen



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Daniel Miltgen juge les agissements de la ministre du Logement illégaux et veut poursuivre ses tâches et responsabilités. (Photo: FDL)

C’est désormais par avocat interposé que Daniel Miltgen, fraîchement révoqué de la présidence du Comité directeur du Fonds du logement, communique avec Maggy Nagel, pour mettre le curseur sur le caractère illégal de son éviction.

La succession de Daniel Miltgen à la présidence du Fonds du logement (FDL) est une entreprise périlleuse pour la ministre du Logement, Maggy Nagel. Elle a eu le feu vert mercredi dernier du conseil de gouvernement pour le révoquer de son mandat. Encore faut-il formaliser le limogeage, qui est une première dans la haute fonction publique, à l’exception du cas du colonel Nico Ries, qui avait plutôt mal tourné pour le gouvernement. Le haut gradé avait dû être réhabilité plusieurs années après sa disgrâce en raison de sa mésentente avec le ministre de la Défense de l’époque, Jean-Louis Schiltz.

L’avocat de celui qui reste encore sur le papier le président du FDL a rappelé le 19 mars dans une lettre recommandée qui circule à grande échelle (des copies ont été communiquées aux membres du comité directeur du FDL mais aussi à l’ensemble du personnel) à la ministre DP qu’elle ne se débarrasserait pas aussi facilement de Miltgen. Le mandat de ce dernier avait été renouvelé le 18 octobre 2013, par arrêté grand-ducal, juste avant la transition avec le nouveau pouvoir tricolore, par le ministre sortant CSV, Marco Schank, pour une durée indéterminée.  

Jeudi dernier, après avoir informé les députés membres de la commission du logement de la révocation de Miltgen, Maggy Nagel s’est rendue à Gasperich au siège du FDL pour informer les employés qu’ils n’avaient plus de chef et que Daniel Miltgen devait quitter son bureau. Ce qu’il n’aurait d’ailleurs pas fait.

«Vous ne pouvez pas ignorer que Monsieur Miltgen est nommé par arrêté grand-ducal et que, jusqu’à sa révocation formelle par l’édiction d’un nouvel arrêté grand-ducal, il est de son devoir et de son droit d’assumer toutes les tâches et responsabilités inhérentes à sa fonction de directeur», écrit son avocat en notant que la façon de procéder de Maggy Nagel «est parfaitement illégale».

Pointera ou pointera pas?

De facto, et à moins que la ministre ne lui supprime ses accès, le président du comité directeur du Fonds pourrait donc continuer à venir pointer au siège du FDL et signer les actes officiels. Il en aurait toujours officiellement les pouvoirs et a choisi d’engager une véritable guerre d’usure avec Maggy Nagel à laquelle il dénie «la moindre compétence pour prendre une éventuelle décision de dispense ou de suspensions de ses fonctions».

L’avocat Jean-Marie Bauler, par l’intermédiaire d’un autre avocat de son étude, Me Jonathan Holler, prévient que son mandant se réserve «formellement tous droits dans l’hypothèse où (la ministre estime) pouvoir continuer à agir en dehors de toute légalité».

Une première question sera de savoir si Daniel Miltgen poussera l’affront jusqu’à se présenter cette semaine à son travail. La seconde question porte sur sa succession, qui est bloquée tant que son cas n’aura pas été résolu.

Un nom circule en tout cas pour le remplacer, celui de Tania Fernandes, attachée de gouvernement 1er en rang, économiste de formation et qui siège dans le comité directeur du FDL depuis le mois de mai 2014.