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Digitalisation

Le DP veut une loi-cadre pour le télétravail



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En encourageant le télétravail, notamment des frontaliers, le DP entend également apporter une solution aux problèmes de trafic routier au Luxembourg. (Photo: Nader Ghavami)

Le télétravail sera l’un des chevaux de bataille du futur programme électoral des libéraux, qui souhaitent créer un cadre législatif pour encourager cette pratique. Plus généralement, le parti du Premier ministre a présenté, ce lundi, la vision de la digitalisation qu’il souhaite défendre lors des prochaines législatives.

C’était une sorte de «teaser» pour donner quelques pistes quant à la place que prendra la question de la digitalisation dans le futur programme électoral du DP. En conviant les journalistes au siège du parti, ce lundi, le parti démocrate a voulu montrer à ses adversaires politiques que les nouvelles technologies seront l’un de ses points forts pour la campagne de cet automne.

Certes, il ne s’agit pour l’instant que d’ébauches de propositions, mais c’est une manière pour les libéraux de se positionner avant tout le monde sur un sujet qui leur est cher et qu’ils ont largement contribué à développer ces dernières années avec leurs partenaires de coalition, notamment autour de l’écosystème start-up.

«Nous avons créé un nucléus qui fonctionne bien, mais il ne s’agit pas de s’arrêter», a expliqué Marco Houwen, entrepreneur ICT de longue date et responsable de l’initiative public-privé Infrachain - il est sur les listes du DP pour le Centre. «Il faut par ailleurs permettre à toutes les entreprises de se digitaliser. Beaucoup de choses ont été faites, mais cette question doit rester une priorité.»

Le télétravail en ligne de mire

Mais c’est sur la question du télétravail que les propositions du DP sont les plus concrètes. Les libéraux veulent faciliter cette pratique «à travers une loi-cadre qui en règlera tous les aspects». Toute une série de métiers se prête au développement du «home office», selon eux, et il s’agit d’en faciliter le recours.

En encourageant le télétravail, le DP entend également apporter une solution aux problèmes de trafic routier au Luxembourg. «C’est pour cela que cette loi impliquera les frontaliers au même titre que les résidents», a précisé le député Eugène Berger. «Ce cadre légal aura aussi pour but de garantir l’ensemble des droits sociaux acquis, et ne pas transformer le statut du travailleur en free-lance.»

Le droit à la déconnexion devra également être clairement défini dans cette loi, selon le député, même s’il estime qu’il faudra une approche au cas par cas sur cette question, «car toutes les activités ne permettent pas de couper toute communication après 18h».

Des chèques-formation pour les salariés

Autre grand pilier de la stratégie digitale du DP: la formation. Même s’il existe déjà de nombreuses initiatives, notamment l’ambitieux programme Digital Skills Bridge présenté début mai par le ministre du Travail, Nicolas Schmit (LSAP), les libéraux veulent proposer un nouveau service pour encourager les actifs à mettre à jour leurs compétences.

«Il s’agit de chèques-formation digitaux qui pourront être utilisés par le salarié en fonction de ses besoins», a ajouté Eugène Berger, sans donner plus de précisions. Cette initiative sera complétée par des «réductions d’impôts» aux entreprises, pour encourager les employeurs à faire bénéficier leurs collaborateurs de ces avantages.

Le CSV et le LSAP se préparent eux aussi

Les ambitions du DP en matière de digitalisation augurent d’une campagne électorale qui fera la part belle à la question des nouvelles technologies et à ce qu’elles entraînent. Contactées par Paperjam.lu, les autres grandes formations politiques fourbissent d’ailleurs elles aussi leurs armes.

Le CSV avoue qu’il est «en train de réfléchir à la question», mais assure que la question digitale aura une place «consistante» dans son programme. Si, dans le secteur de la finance, il tente de se positionner en faveur de la blockchain, il abordera plus généralement la digitalisation sur la question des pertes d’emplois qu’elle implique.

Du côté du LSAP, c’est également l’avenir du travail à l’heure des nouvelles technologies qui sera au centre de la campagne. Selon les socialistes, les mutations profondes que vit le marché de l’emploi devront être davantage encadrées. Le parti pense notamment continuer à investir dans l’éducation en mieux formant les enseignants, mais aussi s’occuper du phénomène social de la fracture digitale.

Les Verts, eux, ont déclaré qu’ils aborderont le sujet de manière transversale. Il s’agit par ailleurs du seul parti qui n’a pas encore officialisé ses candidats.