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Renouveau des partis

L’ambition des quadras au LSAP et au CSV



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Franz Fayot est le seul à s’être déclaré ouvertement pour reprendre la présidence du LSAP. (Photo: LSAP)

À la suite de leur déconvenue aux dernières élections législatives, le CSV et le LSAP vont désigner prochainement la nouvelle direction de leur parti. Une génération plus jeune affiche ses ambitions pour redonner du tonus à ces formations en perte de vitesse. Les candidats qui se présentent ne sont pas inconnus dans le giron politique.

Les dés sont jetés au CSV: après l’annonce de Marc Spautz, début décembre, d’abandonner son poste de président du parti qu’il occupe depuis février 2014, deux candidats ont finalement annoncé leur intention de briguer sa succession. Frank Engel, 43 ans, est sorti du bois en premier, suivi peu avant le délai de clôture des candidatures de Serge Wilmes, 36 ans, qui a lui aussi annoncé son intention de concourir pour le poste suprême du parti.

Les deux hommes se sont intéressés très tôt à la politique, s’engageant de bonne heure dans la jeunesse chrétienne-sociale (CSJ). En dehors de ce point commun, ils ne se ressemblent guère, tant du point de vue de leur parcours que de leur caractère. Frank Engel est juriste de formation et a occupé le poste de secrétaire général du groupe parlementaire chrétien-social de 2001 à 2009. Il a cultivé son intérêt pour les affaires européennes déjà du temps où il était étudiant. En 1999, il a intégré le cabinet de Jacques Santer au Parlement européen. Dix ans plus tard, il était élu une première fois comme député européen avant de se voir reconduit dans ses fonctions en 2014.


Serge Wilmes. (Photo: CSV)

L’historien Serge Wilmes s’est d’abord fait un nom en présidant le CSJ à partir de 2008. Se présentant aux élections législatives l’année suivante, il a effectué un bon score et raté de peu l’accession au Parlement. Le décès inopiné de Lucien Thiel en 2011 lui a donné l’occasion d’entrer à la Chambre des députés, où il a été directement élu aux élections de 2013 puis réélu en 2018. Emmenant la liste du CSV aux élections communales de 2017, il a décroché le poste de premier échevin à la Ville de Luxembourg.

Deux styles différents

L’ambition des deux candidats est la même: rendre confiance à un parti qui se retrouve pour la première fois dans une cure prolongée d’opposition, après le recul inattendu aux dernières élections. Serge Wilmes s’était déjà prononcé lors de la dernière législature pour un renouveau du parti en adoptant un ton plus critique au sein d’une formation pourtant peu habituée à trancher ses différends en public. Dans le cadre d’une réflexion du «Dräikinneksgrupp», constitué de jeunes membres qui souhaitaient secouer un CSV quelque peu léthargique après le départ de Jean-Claude Juncker à Bruxelles, Serge Wilmes a plaidé pour une approche plus horizontale, c’est-à-dire plus participative, du dialogue dans un parti au fonctionnement surtout vertical.


Frank Engel (Photo: Mike Zenari/Archives)

Frank Engel plaide pour une approche plus offensive du CSV, à l’instar de Martine Hansen qui a pris le relais de Claude Wiseler à la tête du groupe parlementaire. Un temps classé très à droite en raison de son appartenance au Cercle Joseph Bech, groupe de réflexion considéré comme fort conservateur, il a lissé son discours ces dernières années, n’hésitant pas à dénoncer la dérive populiste dans certains pays de l’UE et allant jusqu’à souhaiter l’exclusion de la Fidesz, le parti du Premier ministre hongrois Viktor Orbán, du Parti populaire européen (PPE). Face à l’étoile montante qu’est Serge Wilmes, qui part favori dans la course à la présidence, il devra batailler ferme pour obtenir le soutien nécessaire pour l’emporter.

En pôle position

Du côté socialiste, le délai de clôture pour les candidatures à la présidence du parti est fixé pour ce mardi. Franz Fayot est le seul à s’être déclaré ouvertement pendant la semaine écoulée. Cet avocat de 46 ans a rejoint le LSAP à l’âge de 22 ans. Il a été élu en 2013 à la Chambre des députés, en digne successeur de son père, Ben Fayot, qui fut pendant longtemps un des cadres dirigeants en vue du parti socialiste.

Aux élections législatives d’octobre dernier, Franz Fayot a échoué de justesse pour être élu directement au Parlement. La participation du LSAP au gouvernement lui offre cependant l’occasion d’y siéger à nouveau grâce aux places libérées par les élus qui sont devenus ministres. Sa connaissance du droit, son intérêt pour l’économie, en particulier le développement de la place financière, et son goût pour la culture sont autant d’atouts pour prendre la tête du parti. Il compte fermement succéder à Claude Haagen, qui ne se représente plus, à la tête de son parti.