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Entrée en vigueur

La sàrl à un euro devient réalité



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L’entrée en vigueur de la sàrl à un euro a permis à Katy Dyzewska de concrétiser ses projets d’entreprise. (Photo: Maison Moderne)

Voté le 13 juillet 2016 et entré en vigueur le 16 janvier dernier, le nouveau statut de société simplifiée vise à promouvoir l’entrepreneuriat, notamment auprès des débutants ne disposant pas d’un gros capital de départ. Katy Dyzewska, entrepreneuse novice, est l’une des premières à se lancer dans l’aventure. Portrait.

«Je suis une personne pleine d’énergie et pleine d’idées», déclare d'emblée Katy Dyzewska. Et c’est donc avec un projet mûrement réfléchi que la jeune femme est venue toquer à la porte de la House of Entrepreneurship lundi dernier, date d’entrée en vigueur de la sàrl à un euro. Son objectif: développer une activité «qui n’est pas seulement un travail, qui a quelque chose en plus».

Désirant «travailler au contact des gens», l’ancienne comptable a ainsi entrepris les premières démarches afin de créer sa propre société, une entreprise visant à proposer des conseils économiques aux PME et particuliers, tout en proposant, en parallèle, des formations adaptées.

Des coûts allégés

Un projet dont la concrétisation a été rendue possible grâce au nouveau statut de société. La sàrl-s a en effet permis de simplifier les démarches, mais aussi – et surtout – d’alléger les coûts par rapport à la sàrl traditionnelle, supprimant notamment les frais de notaire et proposant un apport initial compris, selon les possibilités, entre 1 et 12.000 euros. Des difficultés qui, quelques années auparavant, avaient rebuté la jeune femme, déjà tentée par l’expérience.

La sàrl-s est un bon véhicule transitoire pour une approche step-by-step.

Guylaine Bouquet-Hanus, business manager à la House of Entrepreneurship

C’est donc d’un bon œil que Katy Dyzewska a vu le - long - débat sur la sàrl à 1 euro. Une évolution du droit luxembourgeois que l’entrepreneuse novice qualifie de «bonne idée», tant pour la sécurité qu’elle procure que pour «la crédibilité et la visibilité» qu’elle offre.

Guylaine Bouquet-Hanus et Katy Dyzewska dans les locaux de la House of Entrepreneurship à Luxembourg.

À la House of Entrepreneurship, elle a également pu bénéficier d’une «grande aide»: «Des personnes ont répondu à toutes mes questions», affirme-t-elle. Initiée par la Chambre de commerce et le ministère de l’Économie, l’ancien Espace entreprises propose une offre consolidée de services à ceux qui souhaitent se lancer dans l’aventure de l’entrepreneuriat. «Notre rôle est d’informer, aiguiller, sensibiliser et donner l’envie d’entreprendre», résume Guylaine Bouquet-Hanus, business manager au One-Stop Shop.

Une première étape

Katy Dyzewska espère toutefois avoir les fonds nécessaires afin de devenir un jour une «sàrl normale». «Ce qui est le but», complète Guylaine Bouquet-Hanus, avant d’ajouter: «La sàrl-s est un bon véhicule transitoire pour avoir une approche step-by-step.» Une première étape qui rassure l’entrepreneuse: «Je pense que c’est une bonne chose pour moi, commencer avec quelque chose de petit, avec peu d’argent. Puis changer pour une sàrl. C’est une première étape pour avoir une société normale au Luxembourg.»

Il est nécessaire d’avoir une personne qui peut aider à ses côtés.

Katy Dyzewska, entrepreneuse

Une semaine après son entrée en vigueur, la nouvelle réglementation semble être un succès. En cette phase de lancement, «10 à 15 dossiers sont déposés quotidiennement» à la House of Entrepreneurship, affirme Guylaine Bouquet-Hanus. À ce jour, une dizaine d’autorisations provisoires ont également été émises par le ministère de l’Économie et donneront prochainement lieu à une immatriculation au Registre de commerce et des sociétés.

Mais s’il simplifie les démarches, le nouveau statut n’enlève en rien les craintes que peut susciter le parcours. Et des questions, Katy Dyzewska avoue s’en poser en permanence. «Où trouver les clients? Comment s’assurer qu’ils vont rester? Suis-je faite pour ça?» Des interrogations légitimes, l’entrepreneuse s'estime néanmoins bien préparée à l’aventure. «J’ai fait des trainings, j’ai participé à des workshops moi aussi.»

Puis finalement, cela fait aussi partie du jeu. Car «le parcours d’entrepreneur n’est pas une ligne droite...», conclut Guylaine Bouquet-Hanus.