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Mission économique aux États-Unis

La nouvelle orientation de Spaceresources.lu



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La R&D et la collaboration internationale étaient au cœur de la deuxième journée de la mission économique. (Photos: Sip / Jean-Christophe Verhaegen)

Au deuxième jour de la mission économique sur la côte ouest des États-Unis, les contours du projet d’exploitation spatiale se précisent encore plus. La priorité étant désormais placée sur la R&D et la collaboration internationale.

La recherche de «bonnes relations», aussi bien de la part des membres de la délégation luxembourgeoise que des différents acteurs rencontrés, était au cœur de la deuxième journée de la mission économique, qui se déroule jusqu’à vendredi sur la côte ouest des États-Unis. Car après un passage obligé par Seattle, siège notamment de Planetary Resources, société dans laquelle l’État luxembourgeois a investi 25 millions d’euros, le programme officiel prévoyait la rencontre de plusieurs représentants du secteur spatial actifs au cœur de la Silicon Valley.

L'objectif demeure le même: démontrer l’intérêt de l’initiative Spaceresources.lu et convaincre de nouveaux acteurs d’y prendre part. Dans ce sens, la visite du siège de la SSL, active notamment dans la construction de satellites, s’inscrivait parfaitement dans cette vision. La participation du couple grand-ducal héritier à cette mission économique n’a visiblement pas laissé les Américains indifférents, puisque de l’aveu même de David Bernstein, premier vice-président de SSL, cette visite d’une délégation étrangère «est un élément relativement rare», intervenu par le passé qu’à «quelques reprises» dans cette société créée dans les années 1960. L’idée de «garder contact avec les acteurs prometteurs du secteur spatial» semble également avoir aidé les Américains à ouvrir grand leurs portes.

L’innovation portée par le projet luxembourgeois semble bien accueillie également par les investisseurs de la Silicon Valley. Car si les journalistes présents en Californie ont été conviés à visiter la collection d’objets issus de précédentes missions spatiales réunis par Steve Jurvetson, la rencontre avec l’homme qui siège aux conseils d’administration de SpaceX, Tesla ou Planet Labs ne s’est faite qu’avec le couple héritier et Étienne Schneider (LSAP), ministre de l’Économie. Des échanges d’autant plus importants que l’investisseur est un proche d’Elon Musk, l’un des hommes les plus puissants actuellement dans différents secteurs de la nouvelle économie. On lui doit notamment la création de Tesla ou, récemment, le premier lancement d'une fusée en partie recyclée et portant un satellite de SES.

La nouveauté dans les rencontres effectuées mardi tient dans le changement de vocabulaire utilisé par le ministre pour décrire le projet au cœur de la mission économique. Alors que le discours officiel tenu depuis le lancement, début 2016, se basait principalement sur les possibilités économiques de l’exploitation des ressources spatiales dont les astéroïdes, le projet s’oriente vers d’autres axes.

Évoquée lundi soir par Étienne Schneider lors d’une conférence de presse, la mise en place d’un cadre international sous l’égide de l’Onu «et d’autres organisations internationales» est désormais souhaitée en parallèle de la multiplication des implantations de sociétés au Grand-Duché.

Un changement qui trouve notamment son origine dans les propos tenus par Ed Lu, CEO et cofondateur de la Fondation B612, une ONG dédiée à la protection de la Terre contre les objets célestes. Elle organise chaque année en juin l'Asteroid Day, qui se déroulera pour son édition 2017 depuis le Luxembourg. «15.000 astéroïdes ont été détectés à ce jour, mais cela ne représente que 0,25% du total estimé jusqu’à présent», détaille-t-il en précisant que «l’identification de la menace par l’établissement d’une carte détaillée est la priorité». Une analyse à laquelle adhère le Luxembourg, qui répète désormais à l’envi que sa priorité «à court terme est de développer la recherche et développement», celle de l’exploitation spatiale devant intervenir «seulement à long terme».