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Effets du Brexit

La fintech londonienne PPRO arrive au Luxembourg



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Sauve-qui-peut pour les fintech britanniques. (Photo: Licence CC)

Le Brexit se précise et les compagnies britanniques s’y préparent. Le CEO de la jeune société fintech londonienne PPRO vient d’annoncer la création d’une division à Luxembourg, qui servira de base à l’expansion dans l’UE.

«We can’t wait»: Nous ne pouvons pas attendre! Dans une interview publiée samedi dernier dans le quotidien britannique The Guardian, Simon Black, CEO de la fintech PPRO Group, a annoncé le lancement d’une nouvelle base opérationnelle au Luxembourg pour contrer les éventuels effets du Brexit.

Créée en 2006, PPRO s’est donné pour mission d’offrir des solutions alternatives de paiement pour les sociétés et les consommateurs. Partant de l’idée que tout le monde ne dispose pas d’une carte de crédit, la jeune société basée à Londres propose des solutions comme le porte-monnaie électronique, des systèmes de paiement électronique en cash ou des transferts bancaires en temps réel.

La course au passeport

Dans The Guardian, son CEO explique que, pour assurer son développement international, la société fintech a absolument besoin du passeport européen qui permet de travailler librement à l’intérieur de l’espace de l’Union européenne.

Simon Black estime ne pas pouvoir attendre l’issue éventuellement favorable pour les sociétés britanniques des négociations sur le Brexit. «Nous devons nous préparer aux scénarios sur la fin du passeport européen et donc obtenir une licence dans un autre pays de l’UE.»

L’exode a commencé. Il sera plus visible en 2018.

Simon Black, CEO de PPRO Group

Toujours selon lui, toutes les sociétés fintech britanniques de plus de 10 personnes agissent dans le même sens: «L’exode a commencé. Il sera plus visible en 2018.» Pour PPRO, le choix s’est donc porté sur le Luxembourg, après avoir soupesé les options de l’Irlande, la Belgique, les Pays-Bas et la Tchéquie.

Un directeur général pour la nouvelle division luxembourgeoise a déjà été recruté. Pour la suite, le CEO donne une première estimation de la taille que pourrait atteindre PPRO au Grand-Duché. «Nous employons 20 personnes à Londres et la croissance du personnel s’est faite rapidement. Sans le Brexit, j’estime que nous aurions pu être à 200 dans les cinq ans. Désormais, ce sera plutôt entre 40 et 50, le solde sera redirigé vers le Luxembourg.»