POLITIQUE & INSTITUTIONS — Europe

Selon le Statec

Brexit: la City prête à se rabattre sur le Luxembourg



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Les acteurs de la City songent toujours à déplacer une partie de leurs activités pour les relocaliser vers des places financières faisant partie de l’Union européenne. (Photo: DR)

Si les conséquences économiques du Brexit pourraient être négatives pour l’économie luxembourgeoise et notamment le secteur financier, le Statec rappelle que celui-ci pourrait aussi présenter des opportunités pour la Place dans le cas où le Royaume-Uni viendrait à perdre son passeport européen.

Quelles pourraient être les conséquences du Brexit pour l’économie luxembourgeoise? À cette question dejà maintes fois posée, le Statec vient ce jeudi d’apporter une tentative de réponse via une série de pistes de réflexion.

Se basant sur différentes études évoquant des perspectives négatives à l’international en général et en Europe en particulier, et considérant des liens économiques «relativement importants» entre le Royaume-Uni et le Luxembourg – notamment dans le secteur financier –, le Statec évoque à l’horizon 2020 et par rapport à un scénario de base sans Brexit une baisse de 2,5% de la valeur ajoutée du secteur financier luxembourgeois conjuguée à un recul du produit intérieur brut (PIB) en volume proche de 1%.

«La perte d’emplois associée», poursuit-il, «s’élèverait à 1.600 personnes, dont 600 dans les services financiers».

Externalités positives

L’institut statistique note cependant que l’exercice de simulation auquel il s’est livré ne prend pas en compte d’éventuelles «externalités positives» aussi bien en termes d’activité que d’emploi.

Le Brexit pourrait ainsi, toujours selon le Statec, «constituer des opportunités pour le Grand-Duché et sa place financière», notamment dans le cas où le Royaume-Uni perdrait le passeport européen qui permet à tout établissement bancaire ou financier d’exercer ses activités dans toute l’Union européenne.

Dans ce cas, les acteurs de la City devraient alors déplacer une partie de leurs activités pour les relocaliser vers des places financières faisant partie de l’Union européenne.

«Spécialisé dans les fonds d’investissement et la gestion de fortune, le Luxembourg aurait ainsi de belles cartes à jouer», poursuit l’institut statistique qui souligne toutefois que d’autres centres financiers européens – tels que Francfort, Dublin, Paris ou Amsterdam – sont également prêts à rebondir.

Des annonces concrétisées

S’il est difficile d’établir une liste des critères de choix objectifs qui ferait pencher la balance en faveur du Luxembourg, le Statec évoque «une actualité récente qui a fourni quelques éléments montrant un certain intérêt de la part de la finance britannique pour le Luxembourg», intérêt confirmé par Serge de Cilla, le CEO de l’Association des banques et banquiers Luxembourg (ABBL) qui a indiqué avoir reçu d’outre-Manche «des appels de banques sondant le terrain luxembourgeois».

Citant un article du Times, le Statec note encore que les banques HSBC et J.P. Morgan auraient déjà envisagé en juin dernier le transfert d’activités au Luxembourg, avant que la société de gestion d’actifs M&G – branche de l’assureur Prudential – ait concrétisé début janvier, comme elle l’avait également confié au Times quelques mois plus tôt, sa volonté de créer une nouvelle entité au Luxembourg afin de conserver un accès au marché de l’Union européenne.

Et le Statec de citer encore les fonds américains Blackstone et Carlyle qui auraient eux aussi prévu de s’implanter au Luxembourg dans la perspective du Brexit.