PLACE FINANCIÈRE & MARCHÉS — Fonds

Conférence

Le Brexit, premier sujet d’inquiétude des gestionnaires d’actifs



La conférence sur la distribution transfrontalière de fonds a connu un beau succès. (Photo: Michel Zavagno - Blitz)

La conférence sur la distribution transfrontalière de fonds a connu un beau succès. (Photo: Michel Zavagno - Blitz)

Alors que le Royaume-Uni avance à petits pas vers une sortie de l’Union européenne, le Brexit inquiète toujours l’industrie des fonds d’investissement, comme on a pu s’en rendre compte lors de la cinquième «Cross-Border Distribution Conference» de Deloitte et Elvinger Hoss Prussen ce mercredi.

Pour sa cinquième édition, la «Cross-Border Distribution Conference», organisée par Deloitte et Elvinger Hoss Prussen, a attiré de nombreux professionnels du secteur des fonds d’investissement. Des spécialistes européens qui ont à nouveau fait part, tout au long de la journée, de leurs inquiétudes à propos du Brexit.

Les questions autour du choix britannique laissent les experts dans l’embarras, dans la mesure où personne ne sait quelle voie suivra le Royaume-Uni. Même si hier un jalon de plus a été posé avec un vote largement favorable du Parlement britannique pour une sortie de l’île de l’Union européenne.

Recréer des ponts

Venu clôturer l’événement, le ministre des Finances Pierre Gramegna s’est lui aussi montré sceptique. «J’ai entendu la Première ministre britannique, Theresa May, dire que le choix se portait vers un Brexit dur. Mais un Brexit est toujours dur, je ne vois pas comment il pourrait être doux.»

Le ministre s’est en tout cas voulu apaisant, demandant que la séparation se fasse dans la meilleure collaboration possible et que l’on crée de nouveaux ponts. «Pour ma part, je pense que, une fois l’article 50 déclenché, le gouvernement britannique devrait rassurer les résidents étrangers qu’ils pourront rester dans le pays. En tout cas, au Luxembourg, les citoyens britanniques seront toujours les bienvenus.»

Un panel était consacré à cette question de Brexit en fin de journée. L’enjeu est important vu le poids de la place financière londonienne. «C’est le troisième centre le plus important pour les fonds Ucits», a ainsi rappelé Henriette Bergh, une Luxembourgeoise qui travaille à la City depuis 18 ans.

Les conséquences pour le secteur financier devraient être un des sujets prioritaires des politiciens.

Alexander Schindler, président Efama

Pour Alexander Schindler, le président de l’Efama, la fédération européenne de l’industrie des fonds d’investissement, «dans le cadre du Brexit, les conséquences pour le secteur financier devraient être un des sujets prioritaires discutés par les politiciens».

Active dans la City, Henriette Bergh estime qu’il n’y a pas eu de sentiment de panique après le Brexit. «Mais actuellement les financiers installés à Londres doivent sérieusement se poser la question de savoir s’ils vont devoir installer une base dans l’UE, s’ils n’en ont pas déjà une.» Et, au niveau de l’industrie des fonds, elle juge que l’Irlande et le Luxembourg offrent les meilleures opportunités, même si d’autres villes accueilleront aussi des acteurs britanniques.

Coûts et digitalisation

Pour Baptiste Aboulian, managing editor de Ignites Europe (Financial Times), qui a mené les débats, les préoccupations des gestionnaires d’actifs ne se sont pas limitées au Brexit. «On aussi beaucoup parlé du fait que la Commission européenne se penche actuellement sur les coûts liés à l’industrie des fonds pour les investisseurs ainsi que sur la digitalisation du secteur.»

Au niveau de la transformation digitale, le message le plus audible a été celui d’une meilleure harmonisation dans l’approche digitale des acteurs européens. «Ça ne sert à rien de se concurrencer au niveau européen alors que la véritable compétition se joue avec les acteurs asiatiques», convient-il.