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«KYC centralisé, la clé contre le blanchiment?»


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Avec des coûts liés à la réglementation en hausse, l’heure est au rassemblement! Les banques ont compris qu’elles ne se font pas concurrence sur le KYC. Dans l’intérêt de leurs clients et pour améliorer leur conformité réglementaire, adresser ce sujet ensemble reste la meilleure option face aux multiples perturbations qu’elles subissent.

Le coût de la conformité réglementaire en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT) ne cesse de croître à mesure que la réglementation se développe. Depuis 2008, 18 des 20 grandes banques mondiales ont été sanctionnées pour manquement à la conformité aux lois LBC/FT dont une étude réalisée aux États-Unis estime le coût à 21 milliards d’euros, avec son lot d’amendes records et ses scandales mettant à mal la réputation de certains acteurs.

Les analyses de risques doivent plus que jamais se fonder sur une information complète et à jour. Le KYC, ou processus de vérification de l’identité d’un client et sa mise à jour, est donc crucial et implique des efforts considérables de la part de chaque banque et souvent pour des clients qu’elles ont en commun et qu’elles sollicitent pour la même information, chacune à leur tour.

Un écosystème toujours plus organisé et coopératif!

L’objectif des banques, mais aussi de tous les professionnels soumis aux lois LBC/FT, est de rationaliser les efforts liés à la collecte, à la vérification et à la mise à jour des dossiers KYC qui sont chronophages et coûteux. Ainsi, au Luxembourg, certaines banques en sont venues à la conclusion qu’elles ne se font pas concurrence sur le KYC et que la centralisation de leurs dossiers clients auprès d’un prestataire de service régulé offrant toutes les garanties de sécurité et de confidentialité aurait un impact positif sur leurs clients en termes d’expérience utilisateur.

Elles veulent même aller plus loin en promouvant l’utilisation de modèles standard de documents afin de simplifier leur réutilisation et ainsi faciliter les échanges avec leurs clients communs, et ce de manière 100% digitale. Cet état d’esprit traduit la volonté de la place financière d’innover autour de chantiers communs permettant ainsi d’avancer plus vite.

Modèle de sous-traitance du KYC centralisé ou décentralisé?

Le modèle historique de sous-traitance consiste à ce que chaque banque assure directement ou confie à un tiers (en mode ségrégué) la maintenance des données et documents d’identification de ses clients. Ce modèle implique que les clients de chaque banque sont susceptibles de répondre à une même demande de mise à jour de ses informations autant de fois qu’il dispose de relations bancaires.

Au-delà de ces demandes à répétition sans valeur ajoutée pour le client, rien ne permet d’améliorer la transparence contrairement au modèle centralisé. In fine, la qualité des analyses de risques est hétérogène, car dépendante de la qualité des données et documents maintenus par chacune des banques ou chacun des prestataires externes.

On oppose souvent les modèles par rapport à la «technologie» et notamment depuis l’avènement du modèle «décentralisé» basé sur une blockchain. C’est une erreur, les technologies ne s’opposent pas, mais elles se complètent mutuellement pour adresser une même problématique, celle de la vigilance clients à l’entrée en relation et en continu.

i-Hub est une solution de sous-traitance de la gestion du KYC en continu.

Pascal MorosiniPascal Morosini, CEO (i-Hub)

Le modèle décentralisé basé sur une blockchain publique doit notamment faire face aux problématiques de sécurité et de confidentialité des données personnelles et à la gestion du droit à l’oubli. Souvent, ce modèle n’a pas de tiers validateur de confiance et repose donc sur la confiance du réseau.

L’expertise métier reste cependant indispensable. C’est pourquoi, dans le modèle «centralisé» d’i-Hub, une équipe expérimentée pilote une technologie agile et moderne pour offrir une solution innovante et digitale. i-Hub est une solution de sous-traitance de la gestion du KYC en continu offrant aux banques la possibilité de mutualiser les dossiers de leurs clients finaux avec lesquelles ils sont en relation.

La sous-traitance à i-Hub permet de déléguer les contrôles de premier niveau permettant aux banques de se concentrer sur les contrôles de deuxième niveau et l’analyse des risques.

i-Hub, la plate-forme de KYC centralisée «made in Luxembourg»

Cela fait plusieurs années que l’idée d’une mise en commun autour de la problématique liée au coût du KYC permettant la mutualisation des dossiers est évoquée au sein des groupes de discussions de la Place et de différents pays européens. Il y a de plus en plus d’initiatives autour de l’accès à une information KYC à jour et partagée. Ces initiatives sont très diverses en termes de services, elles n’adressent pas totalement le besoin qui permettrait aux banques d’abaisser leur coût de manière significative.

Après deux ans de gestation, 2019 verra le lancement des activités d’i-Hub, PSF régulé, opérant une plate-forme entièrement réalisée au Luxembourg par des professionnels issus du secteur financier. Elle connecte entre elles les banques et leurs clients et facilite la vérification et la mise à jour des informations liées au KYC. Elle permet aussi la mutualisation des dossiers clients en commun tout en préservant l’anonymat des relations d’affaires. La solution est hébergée au Luxembourg auprès d’EBRC qui en assure la sécurité et la disponibilité.