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Bilan annuel

KPMG veut réaliser le potentiel numérique du Luxembourg



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Philippe Meyer, managing partner de KPMG: «Nous voulons donner le ton dans le domaine des technologies et jouer les premiers rôles pour permettre au Luxembourg de réaliser son potentiel numérique». (Photo: Maison Moderne / Archives )

C’est le dernier des Big Four à avoir présenté ses résultats mercredi. Avec une croissance de 6% en 2017, KPMG veut devenir le leader en matière de technologie et d’innovation, à l’heure où la numérisation des méthodes de travail se renforce.

KPMG se veut être les «architectes du futur», c’est avec une métaphore sur le tram qui passe devant le bâtiment que Philippe Meyer, managing partner, a expliqué la vision du groupe: «le tram fait le lien avec la technologie, mais les conducteurs sont des êtres humains, pas des robots. Pour nos clients, la question est de savoir comment implémenter dans leur cœur de métier le potentiel qu’offre le digital. Nous voulons jouer un rôle de leader dans ce domaine».

Même si les chiffres n’ont pas été vraiment évoqués pendant la présentation des résultats à la presse («La croissance, ce n’est pas que les chiffres, c’est aussi la façon dont on aide les clients» a estimé Philippe Meyer), KPMG a amélioré ses revenus nets de 199 millions d’euros. Tous les secteurs ont progressé au cours des 12 derniers mois. Ainsi l’audit a représenté 91 millions d’euros (soit +2%), les taxes 53 millions d’euros (+1%) et le conseil 55 millions d’euros (+18%).

La nouvelle monnaie de l’économie, c’est l’expérience du consommateur.

Georges Bock, head of tax, KPMG

Pour Georges Bock, head of tax, la technologie joue un rôle majeur: «Nous devons nous mettre dans la peau du client. La nouvelle monnaie de l’économie, c’est l’expérience du consommateur». Et afin d’éduquer clients et grand public sur les taxes, KPMG a édité une calculatrice de taxes online: «Cela devrait aider les gens à faire leur déclaration d’impôts. Avec la stratégie «Tax 2020» que nous avons mise en place, ainsi qu’une aide à la technologie, nous allons aider nos clients à être prêts en 2020.»

Pascal Denis, head of advisory, est également convaincu du rôle de la technologie dans les activités de KPMG. Et notamment avec les blockchains: «Nous avons commencé les investissements dans le secteur il y a 18 mois. La réaction du marché a été incroyable. Nous avons créé une nouvelle plateforme pour interagir entre différents partenaires sur les technologies de blockchains».

Ce n’est pas que nous aurons moins de travail, mais le travail sera différent.

Pascal Denis, head of advisory, KPMG

Le but reste néanmoins de simplifier des tâches ou d’automatiser des tâches effectuées jusque là par les employés. «Il y a des logiciels pour éviter les tâches répétitives aux clients, en matière de sécurité, d’analyse de données, sans compter la technologie émergente de l’intelligence artificielle qui devient un élément critique en termes d’investissements. Il faut rassembler business et technologie, le tout sous l’égide de KPMG digital. Le digital sera définitivement un élément central de l’année 2018». Mais Pascal Denis se veut rassurant sur le futur des employés dont les certaines tâches vont être automatisées: «Ce n’est pas que nous aurons moins de travail, mais le travail sera différent».

Emmanuel Dollé, head of audit, est revenu quant à lui sur la capacité de KPMG à susciter l’innovation et la technologie auprès de leurs propres employés: «Nous avons ouvert un concours interne intitulé «Kosmo challenge»: il s’agissait de parvenir à présenter une idée innovante génératrice de revenus. 30 équipes ont participé. Le résultat c’est que nous avons découvert beaucoup d’idées pour améliorer les technologies dans nos différents secteurs d’activités. Les lauréats verront leurs idées se concrétiser. Il s’agit d’une approche innovante qui donne à nos collaborateurs davantage de responsabilités et leur permet de mettre sur pied une véritable activité. Notre ambition est d’encourager cet esprit d’innovation».