ENTREPRISES & STRATÉGIES — Industrie

Sian Hughes (directrice External Affairs pour Knauf)

Knauf demande une «discussion ouverte»



hughes_sian_019_.jpg

Sian Hughes, directeur External Affairs Europe de Knauf Insulation, s’étonne du débat médiatique. (Photo: Knauf)

Sian Hughes, directrice External Affairs pour Knauf, explicite la position du groupe allemand face à la levée de boucliers à son éventuelle implantation sur le site de Sanem.

Quelles sont les raisons qui vous font préférer un investissement au Luxembourg plutôt qu’en Moselle française?

«Au-delà de sa position logistique excellente pour servir les marchés français, allemand et le Benelux, le Luxembourg offre également un environnement social et industriel dynamique et stable, une offre énergétique compétitive, du personnel et des sous-traitants qualifiés. Le site de Sanem est également proche d’une autoroute et peut aussi être approvisionné par chemin de fer. Les conditions économiques proposées par le Luxembourg pour les investisseurs industriels sont légèrement plus favorables, mais ceci n’est pas le facteur le plus prédominant dans notre évaluation.  

Quels sont les arguments de Knauf face aux accusations de pollution auxquelles vous êtes confronté?

«Nous prenons très au sérieux nos responsabilités environnementales et envers les communautés locales où nous travaillons et nous voulons rassurer la population luxembourgeoise sur le fait que notre usine sera l’un de nos développements les plus importants dans l’histoire de notre entreprise. Nous nous efforçons depuis près d’une décennie de produire une isolation toujours aussi performante, mais avec moins d’énergie, moins d’impacts sur l’environnement et moins de ressources. En 2016, nous avons atteint deux de nos principaux objectifs de développement durable pour 2020: réduire notre consommation d’énergie de 20,9% et réduire les émissions de CO2 de 25,1%. La consommation d’eau a diminué de 9,8% au cours de la même période. Ces résultats seront maintenus, à la fois dans la construction de la nouvelle usine et une fois celle-ci opérationnelle à travers sa gestion quotidienne.

On pointe l’importante consommation d’électricité. Pourriez-vous apporter vous-même des solutions pour votre approvisionnement?

«Comme toutes les industries, nous avons des besoins en énergie. Et, pour nous comme pour les autres, l’énergie représente un coût très important que nous avons intérêt à réduire au minimum. Dans le cas de production de produits isolants, la consommation est largement compensée par les gains énergétiques qui résultent de l’utilisation de nos produits. Les bâtiments sont responsables de 40% de la consommation d’énergie et de 38% des émissions totales de CO2 dans l’UE. L’isolation par la laine minérale est l’un des moyens les plus simples et les plus rentables afin d’économiser l’énergie et de réduire les émissions. L’isolation peut réduire les besoins énergétiques des ménages de 70%.

Il est également important de noter que, sur une durée de vie moyenne de 50 ans d’un bâtiment, un isolant en laine minérale peut permettre d’économiser plus de 200 fois les émissions de CO2 générées lors de sa fabrication, de son transport, de son installation et de son élimination. Tout impact négatif au cours des étapes de production et de construction est fortement compensé par l’impact positif des économies d’énergie atteintes pendant la phase d’utilisation. 

Mais concrètement, dans vos différentes unités de production, quels moyens mettez-vous en œuvre?

«En vertu de la directive de l’UE relative aux émissions industrielles (DEI) et afin d’obtenir des autorisations de production auprès des autorités locales, nous devons appliquer les meilleures techniques disponibles pour prévenir ou minimiser nos émissions et impacts sur l’environnement. Ces «meilleures techniques» comprennent à la fois la technologie utilisée et la manière dont nos installations sont conçues, construites, entretenues et exploitées. Nos sites de fabrication européens les appliquent et, en général, sont mieux que les recommandations établies en matière des meilleures technologies disponibles de l’UE.

De plus, toutes nos installations sont certifiées conformes selon quatre normes de gestion internationales clés: ISO 9001 (management de la qualité), ISO 14001 (management environnemental), ISO 50001 (management de l’énergie) et OHSAS 18001 (management de la santé et de la sécurité au travail). Ces quatre certificats nous poussent à toujours nous améliorer dans ces quatre sujets qui nous permettent de dire que nous prenons très au sérieux nos responsabilités envers l’environnement, et la société qui nous entoure. Nous avons, par exemple, déjà réalisé de nombreux efforts de réduction de consommation d’énergie sur tous nos sites de production, en optimisant le processus de production. Nos usines de Visé (Belgique), Lannemezan (France) et Skofja Loka (Slovénie) sont équipées de panneaux photovoltaïques. Ça ne permet pas de couvrir l’ensemble de nos besoins électriques, mais de réduire ceux-ci.

Vous attendiez-vous à une pareille évolution dans ce dossier?

«Nous ne nous attendions pas à un tel débat médiatique concernant notre projet à Sanem, mais nous comprenons tout à fait les préoccupations très légitimes de la communauté locale. Nous voudrions avoir une discussion ouverte avec les autorités locales et les communautés afin qu’elles puissent soulever des questions et des préoccupations directement avec nous. Sur tous nos sites de production, nous collaborons avec les autorités et les communautés locales pour réduire tous les impacts et être un acteur dynamique de la société.  Notre usine de Sanem sera équipée des meilleures et dernières technologies référencées par l’Europe. Et nous comptons bien suivre l’évolution des technologies pour continuer à améliorer ce site de production dans les années à venir. 

Le dossier est-il bloqué pour l’instant?

«Non il n’est pas bloqué, il suit son cours. L’étude d’incidence est en cours et nous allons bientôt commencer la procédure commodo. 

Quelle est votre deadline dans le choix d’une implantation?

«Nous voudrions commencer la production en 2019.»