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KBL Luxembourg prévoit une nouvelle année compliquée



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Jean-François Jacquet, Stefan Van Geyt et Ilario Attasi ont commenté leurs prévisions 2019. (Photo: KBL epb)

2019 sera l’année du ralentissement d’un long cycle de la croissance mondiale, prévoient les analystes de KBL Luxembourg. La croissance restera positive, mais en recul dans de nombreuses zones. Pour les investisseurs, des alternatives sont à envisager.

En ce début d’année, KBL Luxembourg a présenté ses prévisions pour l’économie mondiale et ses conseils aux investisseurs. Le premier constat est qu’après un cycle de croissance entamé à la sortie de la crise économique, l’année 2019 devrait être celle du ralentissement.

«Les perspectives restent positives sans être enthousiastes, mais le cycle de croissance semble arrivé à son terme», observe Jean-François Jacquet, chief investment officer pour KBL Luxembourg.

Les prévisions de croissance sont donc en baisse dans les grandes zones du globe, ce qui devrait ramener la croissance mondiale à 3,7%. «Les pays émergents tireront encore leur épingle du jeu avec une progression estimée à 4,5%. Mais dans les pays développés, elle ne devrait plus dépasser 1,5% d’ici 2020», note le chief economist.

Dans les pays développés, la croissance ne devrait plus dépasser 1,5% d’ici 2020.

Jean-François Jacquet, KBL Luxembourg

Les États-Unis risquent de souffrir du blocage du Parlement, depuis le succès des démocrates aux élections de mi-mandat, qui pourrait fortement ralentir les effets de la politique fiscale expansionniste. L’Europe, elle, souffre d’une instabilité politique depuis plusieurs années qui décourage l’investissement.

«La Chine devrait aussi redescendre de 6,6% à 6,2%, note encore Jean-François Jacquet. Mais cela est plutôt lié à la guerre commerciale avec les États-Unis et à la transition économique en cours vers un modèle plus orienté vers la consommation privée.»

Pour 2019, les analystes de KBL se montrent sceptiques sur les marchés des obligations et des actions, surtout les actions européennes. Mais des alternatives existent, estiment-ils.

Ilario Attasi, head of group research pour KBL European Private Bankers, pointe notamment les actifs immobiliers. Mais il s’agit là de marchés compliqués qui exigent une forte connaissance dans chaque pays.

Immobilier et investissements durables

«On peut aussi envisager les fonds cotés en immobilier, en plein essor. Ils rendent le marché accessible, permettent la diversification, assurent de la liquidité et sont de véritables machines à dividendes», analyse-t-il.

Autre tendance à la hausse que l’équipe de KBL conseille de surveiller, les investissements responsables. «Nous vivons un changement de cap, nous sortons d’une longue période au cours de laquelle les entreprises visaient de plus en plus la maximisation des profits pour les actionnaires», constate Stefan Van Geyt, group chief investment officer.

Mais de plus en plus d’investisseurs regardent les investissements qui ont un sens pour la société ou l’environnement, notamment parmi les plus jeunes générations. Or, cette année, aux États-Unis, les millennials dépasseront les baby-boomers en nombre.

«L’investissement responsable offre de meilleurs rendements à long terme, notamment parce que ces sociétés présentent moins de risques», précise Stefan Van Geyt.