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Étude Luxmobil

«Changement de mentalité» souhaité sur la mobilité



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Selon les données de l'étude Luxmobil 2017, 69% des trajets effectués en semaine au Luxembourg se font en voiture. Contre 25% à Zurich et 30% à Francfort. (Photo: Licence C.C.)

Les premiers résultats de l’étude Luxmobil, réalisée entre février et mai 2017, démontrent l’importance de la voiture dans les déplacements des résidents et des frontaliers, utilisée dans sept trajets sur dix. Une particularité luxembourgeoise qui devra évoluer.

Comment se déplacent résidents et frontaliers? Quelles sont leurs habitudes en termes de mobilité? Pour quelles conséquences? Telles sont quelques-unes des informations présentes dans l’étude Luxmobil, première du genre menée au Grand-Duché depuis 1995 en ce qui concerne les résidents et depuis 1997 pour les frontaliers. Autant dire une éternité puisqu’en 20 ans, le pays s’est largement transformé au-delà de toutes les estimations, même les plus optimistes. Au cours des deux dernières décennies, le pays a absorbé pas moins de 185.000 résidents supplémentaires, 205.000 nouveaux emplois et l’arrivée de 125.000 frontaliers.

«Entre 1995 et 2017, nous avons navigué à vue en ce qui concerne la mobilité», clame François Bausch (Déi Gréng), ministre du Développement durable et des Infrastructures, à l’encontre de ses prédécesseurs, que ce soit Claude Wiseler (CSV), Lucien Lux (LSAP) ou Henri Grethen (DP). Et l’actuel locataire de la Héichhaus de réclamer désormais «la mise en place d’une telle étude au moins tous les cinq ans afin d’adapter les décisions à la réalité».

69% des trajets effectués en voiture

Selon les données recueillies auprès d’un échantillon jugé représentatif auprès des 40.000 foyers résidents contactés – 28% de réponse – et de 45.000 frontaliers – 34% de réponse pour les Allemands, 30% pour les Belges et 26% pour les Français -, cette réalité semble bien éloignée de l’objectif fixé en 2012 pour la mobilité en 2020.

Alors que les projections effectuées tablaient sur 25% d’utilisation du vélo, 19% de recours au bus et au train et 56% à la voiture, les données de 2017 dressent un tableau bien différent. Puisque les réponses évoquent une utilisation du vélo pour 14% des trajets, contre 17% pour le train et le bus et 69% pour la voiture. Soit bien loin des scores enregistrés dans des villes comme Zurich ou Francfort «plus ou moins comparables à Luxembourg-ville», selon le ministre, où l’utilisation de la voiture culmine à 25 et 30% dans les déplacements au cours de la semaine.

Un changement de mentalité doit intervenir.

François Bausch, ministre du Développement durable et des Infrastructures

Si, sans surprise, le travail reste la cause principale des déplacements aux heures de pointe avec trois quarts (73%) des trajets effectués en voiture, l’étonnement vient notamment du réflexe automobile quand il s’agit de transporter les élèves et lycéens. 39% des trajets entre le domicile et l’école ou le lycée sont effectués en voiture, contre 38% pour le bus ou le train, 21% pour la marche à pied et 2% en vélo.

«Il est donc clair qu’il y a trop de voitures sur nos routes et qu’un changement de mentalité doit intervenir», affirme François Bausch, qui plaide pour la mise en place de «quick wins». Notamment en ce qui concerne les trajets des élèves et des lycées. Parmi les pistes évoquées figurent notamment «une réflexion autour du rythme scolaire», à l’instar de ce que réclame une pétition de lycéens et d'étudiants demandant un début des cours au-delà des 8h ou bien encore «les efforts à mener pour changer les modes de transport utilisés». Et donc, promouvoir l’utilisation des transports en commun.

Si une rencontre avec Claude Meisch (DP), ministre de l’Éducation nationale, doit avoir lieu sur ce sujet «prochainement» pour «mettre sur pied des projets pilotes», la «boîte à outils qui sera proposée» devrait être détaillée lors du débat à la Chambre, programmé pour la mi-avril 2018.