ENTREPRISES & STRATÉGIES

Traitement des eaux usées

Apateq devient prophète…



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Apateq vient de décrocher un important contrat au Luxembourg, sa terre natale. (Photo: Apateq)

La société spécialisée dans le traitement des eaux a décroché son premier chantier au Luxembourg auprès du Syndicat de Grevenmacher, Remich et Echternach (Sigre). Un contrat qui valide la maîtrise locale de son expansion internationale.

Nul n’est prophète… Après quelques succès à l’international, dont un intérêt rencontré sur le marché américain, Apateq vient de décrocher un important contrat au Luxembourg, sa terre natale.

Spécialisée dans la fabrication d’unités de traitement des eaux clés en main, notamment en milieu industriel, Apateq vient en effet d’être choisie par le syndicat intercommunal «pour la gestion des déchets ménagers, encombrants et assimilés en provenance des communes de la région de Grevenmacher, Remich et Echternach», mieux connu sous l’acronyme de Sigre. Créé en 1974, le syndicat prend en charge les 23 communes des cantons de l’est du pays – hormis Beaufort –, soit une zone de 65.000 habitants.

Le Sigre était à la recherche d’une technique correspondant à la mise à jour du traitement des lixiviats, ces eaux résiduelles souillées qui ruissellent sur le site d’enfouissement de déchets de Buchholz-Muertendall exploité par le syndicat intercommunal.

«Les lixiviats sont typiquement chargés en matière organique ou en ammonium», déclare Ulrich Bäuerle, directeur technique chez Apateq. «Afin de protéger les sols alentours, les nappes phréatiques et les eaux de surface, l’élimination des lixiviats en toute sûreté est un indéniable défi environnemental.»

Une fois traitées, ces eaux seront ensuite déversées dans une nouvelle station d’épuration communale à Grevenmacher, en construction. La finalisation de l’ensemble des travaux est prévue pour octobre prochain.

Sous l’aile de Chaux de Contern

Apateq déploiera pour le Sigre ses technologies s’appuyant sur une «ultrafiltration de haute qualité et une filtration par charbon actif».

Important pour la jeune société, ce marché a été conclu en collaboration avec Chaux de Contern qui est à la manœuvre du chantier de la nouvelle station d’épuration de Grevenmacher. Il est aussi le premier pour le segment des lixiviats, l’un des cinq créneaux visés par l’entreprise, avec le traitement des eaux dans l’industrie pétrochimique, des eaux issues des circuits industriels, des eaux municipales ainsi que des compagnies maritimes.

Un partenariat qui concrétise la filiation entre le groupe Chaux de Contern fondé il y a plus de 90 ans et celle qui quitte progressivement le statut de start-up, depuis sa création en 2013.

Dirigée par Bogdan Serban, Apateq a repris la philosophie d’Epuramat, autre start-cleantech fondée en 2005 au Technoport par David Din et Achim Kopmeier. Présentée comme le porte-drapeau des cleantech au Luxembourg, Epuramat avait connu des débuts prometteurs, soutenue par Robert Dennewald, patron du groupe Eurobéton-Chaux de Contern. Des beaux jours qui ont duré jusqu’en 2013, cap qui a marqué à la fois le départ de Robert Dennewald de l’actionnariat ainsi que de plusieurs dirigeants – dont Bogdan Serban – et l’entrée dans le capital du fonds d’investissement russe, Brighton Capital.

Les affaires n’auront finalement pas été aussi profitables que prévu puisqu’Epuramat a finalement été mise en faillite le 22 janvier dernier.

Sous plusieurs latitudes

Des erreurs qu’Apateq semble vouloir éviter. La société détenue majoritairement par les dirigeants de Chaux de Contern, via la société Eviola, a procédé à une levée de fonds en janvier dernier: 5,8 millions d’euros, avec le concours de Mosmart International.

Basée au Luxembourg, Mosmart coordonne l’expansion internationale de la société du même nom fondée en 2004 en Guinée. Il était alors question de produire du biodiesel au départ de l’huile de palme. Les activités se sont diversifiées, notamment avec le traitement de l’eau.

Honorée de recevoir ce premier contrat local, Apateq revendique des clients aux États-Unis – elle a établi une succursale à Houston au Texas –, au Canada, en Allemagne, en Italie, en France et au Danemark où une solution en conteneurs a été déployée pour traiter les eaux de lavage de ferries scandinaves.

Des épisodes qui forment une jolie success-story du nouveau porte-drapeau des cleantech luxembourgeoises.