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Brexit

À l’écoute de Londres



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Theresa May, Premier ministre du Royaume-Uni et Xavier Bettel, au 10, Downing Street. (Photo: SIP - Charles Caratini)

Le Premier ministre était en visite éclair à Londres ce mercredi pour «apprendre ce que veut» son homologue britannique, Theresa May. En parallèle, il recevait des dirigeants de grandes sociétés de banque, de fonds et d’assurances.

Alors qu’il devait rencontrer Theresa May vers 18h30 au 10 Downing Street, Xavier Bettel expliquait quelques heures avant à la presse que l’enjeu de la visite éclair à Londres, ce mercredi, était d’apprendre quelles sont les intentions du gouvernement britannique dans le processus de sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne.

Selon le Premier ministre luxembourgeois, un quelconque «cherry picking» ne serait pas acceptable et il faudrait veiller au respect des règles et du «level playing field», «un mot que nous, les Luxembourgeois, aimons et devons souvent utiliser».

Mis à jour à 20:50 : À l'issue de la réunion, on apprenait qu'aux yeux du gouvernement luxembourgeois, les positions du gouvernement britannique ne seraient pas acceptables dans leur état actuel. En revanche un certain optimisme était palpable: les deux parties pourraient sortir de leurs retranchements lors du prochain sommet européen les 22 et 23 mars.

À l’écoute des entreprises

Tandis qu’un certain nombre de sociétés d’assurances ont déjà annoncé vouloir établir leurs sièges européens à Luxembourg pour préserver leurs passeports européens, le Luxembourg ne pourrait pas accepter que, lorsque le Royaume-Uni aura quitté l’Union européenne, des entreprises qui se sont «établies à Francfort, à Paris, à Dublin ou à Luxembourg» retraversent la Manche et retournent à Londres.

Avant de rencontrer Theresa May, Xavier Bettel recevait 12 dirigeants de grandes sociétés de banque, de fonds et d’assurances, dont 11 sont déjà établies à Luxembourg, comme HSBC ou Thomson Reuters, à l’ambassade du Luxembourg à Londres.

La visite éclair à Londres n’étant pas vouée à attirer davantage d’entreprises – comme on l’expliquait à la presse –, il s’agirait plutôt d’être «à leur écoute» pour apprendre de quel œil elles voient le Brexit.

Cela dit, Nicolas Mackel, CEO de Luxembourg for Finance, reconnaissait que le fait de recevoir les dirigeants de grandes entreprises établies à Londres autour d’une table serait un signe positif envers eux.

«Rien de concret sur table»

Interrogé au sujet des propositions de la Commission européenne pour transférer une partie de la supervision des fonds, dont les opérations de délégation, des autorités nationales à l’autorité européenne l’Esma, Xavier Bettel insistait sur le fait qu’il ne faudrait pas surréglémenter.

«On voudra travailler avec des équivalences avec Londres, mais alors il faut que ce soit inscrit quelque part», expliquait-il. Selon lui, la CSSF devrait préserver son droit d’émettre des produits «lorsque l’on parle d’un marché commun».

Il concluait que les discussions ne sont pas terminées et qu’«il n’y a encore rien de concret sur table».