ENTREPRISES & STRATÉGIES — Technologies

Avec le nouveau CEO

Motion-S prête à accélérer… avec prudence



German Castignani a pris la direction de Motion-S sans à-coups. Avec mille idées en tête pour cette spin-off qui continue de prendre des parts de marché et se retrouve de plus en plus en finale des appels d’offres. (Photo: Patricia Pitsch/Maison Moderne)

German Castignani a pris la direction de Motion-S sans à-coups. Avec mille idées en tête pour cette spin-off qui continue de prendre des parts de marché et se retrouve de plus en plus en finale des appels d’offres. (Photo: Patricia Pitsch/Maison Moderne)

Mercredi, Motion-S, la première spin-off de l’Université du Luxembourg, a changé de CEO en douceur. Avec German Castignani, les experts en analyse des données de conduite entendent accélérer.

«Paradoxalement, avec le Covid-19, les assureurs n’étaient plus occupés avec les sinistres. Donc ils ont eu davantage de temps pour s’occuper de projets à moyen ou long terme. Ça nous a permis de signer avec Bâloise Group, directement en Suisse, dans la perspective d’un produit d’assurance connecté.» Détendu, le nouveau CEO de Motion-S, German Castignani, s’en amuse.

La transition avec Guido von Scheffer s’est naturellement imposée. «Il ne pouvait pas gérer le daily business en étant basé à Hambourg», explique le nouveau numéro 1, qui aura connu le projet depuis les études de l’Université du Luxembourg. «Mais il reste dans la société, il va pouvoir mieux nous aider dans le business development, puisque nous sommes obligés d’aller à l’international.»

La start-up, qui finalise une nouvelle levée de fonds, a bien profité de la première, d’un million d’euros, avec la Febiac. «Souvent, nous travaillons avec des assureurs, mais là, nous avons un nouveau projet avec un constructeur, qui veut intégrer de l’analytique de données de conduite à ses véhicules. Nous sommes le chaînon au milieu des constructeurs, des assureurs et des conducteurs.»

La valeur de l’app doit dépasser la réduction de la prime

Et comment gérer la défiance de ces derniers qui ont peur d’embarquer de la technologie qui les prive d’une couverture en cas d’accident? «C’est toujours une question: il faut que la solution apporte plus de bénéfices que ce qu’elle coûte à l’utilisateur, qui n’a par ailleurs aucun souci à cocher toutes les cases qui lui permettent d’avoir accès à n’importe quel site internet. Il faut aller bien au-delà de la seule réduction de sa police d’assurance», explique le chercheur.

Motion-S est aussi en train de peaufiner un nouveau contrat avec un grand groupe d’assurances. Dont le nouveau CEO ne veut pas parler avant que tout soit réglé. «Ce ne serait pas très élégant», dit-il. Un contrat qui s’ajoute au projet de maintenance prédictive avec un gestionnaire d’un grand parc automobile, à un autre projet belge, dans l’institut qui permet de récupérer son permis de conduire. «Au lieu de faire la morale ou de chercher un psychologue pour expliquer au mauvais conducteur ce qui ne va pas, notre système permet de voir où sont les points faibles de la conduite.»

Motion-S prépare aussi une application pour smartphone qui permette de calculer qui a vraiment intérêt à rouler en voiture électrique, sujet dans l’air du temps au Luxembourg. «Non seulement elle va permettre de voir qui roule comment, mais aussi, compte tenu du trajet, où il est possible de trouver une station pour recharger compte tenu d’une distance donnée et en fonction du trafic. La batterie est la partie la plus chère d’une voiture électrique et cela fait du sens, pour un constructeur, de faciliter le choix de son client à prendre tel ou tel modèle. Je pense que nous essaierons plutôt de vendre cela à des importateurs. Je parle trop.»

Le boom de la voiture de demain attendu

Le nouveau CEO s’arrête. À la tête de 14 personnes qui ont quitté Remich pour Mondorf, l’entrepreneur a commencé un travail avec EY pour voir comment faire évoluer le business model. «On a bien avancé, mais on a encore beaucoup à faire. Beaucoup de sociétés sont intéressées par nos solutions, mais n’ont pas d’équipes projet pour obtenir un produit commercialisable à partir de cela…»

Avec le boom annoncé des voitures connectées, voire autonomes, et le développement des intelligences artificielles, comme celle de Nvidia, capable de reproduire la conduite sans rien en savoir, des solutions nouvelles émergent. «Tant mieux», dit-il. «Plus nous aurons de données, mieux nous pourrons travailler à réduire les risques.»