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Luxembourg Recovery

Mon idée: «Promouvoir le télétravail»



Pierre Decock. (Photo: DR)

Pierre Decock. (Photo: DR)

Dans le cadre de notre opération «Luxembourg Recovery: 50 idées pour reconstruire», partagez une idée concrète, une expérience ou une mesure à mettre en œuvre pour faciliter le rebond de l’économie luxembourgeoise. Pierre Decock propose de promouvoir le télétravail.

Le pitch: Réduire les charges patronales au prorata du nombre de jours de télétravail accordés au personnel et mettre en place un organisme d’État de promotion du télétravail, couvrant les aspects légaux, fiscaux, techniques et organisationnels.

L’idée: Alors que beaucoup d’entreprises étaient si réticentes à mettre en place le télétravail, voici que l’épisode du Covid l’a soudain rendu indispensable à leur survie. De tels épisodes risquent de se répéter. Il ne faut pas que le télétravail se mette en place dans l’improvisation, mais fasse partie des modes de fonctionnement normaux de l’entreprise. Nous sommes de toute façon arrivés à des limites de ce que l’aménagement de notre réseau routier permettra de résoudre. Si un travailleur sur deux bénéficiait d’une telle mesure, le trafic routier serait réduit de 10%.

Je propose les mesures suivantes:

1. Réduire les charges patronales d’un employeur au prorata des jours accordés en télétravail à son personnel. Si elle est bien encadrée, le coût d’une telle mesure devrait être compensé par la diminution des coûts d’extension et de maintenance des infrastructures routières.

2. Mettre en place un organisme qui assurerait la promotion du télétravail et interviendrait en support auprès des salariés et des entreprises dans trois domaines en particulier:

· Légal et fiscal: le nombre important de travailleurs frontaliers rend une telle mesure problématique par rapport aux législations fiscales de nos voisins. Une information est nécessaire, de nouvelles démarches auprès de nos partenaires également afin que cette situation évolue. Mais qui sait que consacrer une partie de sa surface habitable à son activité professionnelle peut donner lieu à des abattements fiscaux? Par ailleurs, la confidentialité des données, le fait de confier éventuellement à son personnel du matériel informatique, des accès extérieurs au système de l’entreprise peuvent également poser problème (pour les entreprises PSF, par exemple). Sur tous ces points, entreprises et salariés ont besoin d’être informés et épaulés dans leurs démarches.

· Organisationnel: avoir une partie du personnel en télétravail n’est pas sans impact sur le fonctionnement des organisations. Comment mettre en place du télétravail dans une entreprise sans y créer le chaos? Qui, dans une organisation, est éligible au télétravail, pour quel type d’activité? Comment assurer le contrôle du travail effectué? Comment conserver la cohésion d’un service? Etc. C’est une question importante qui relève du «change management»; des formations internes et des séminaires sont indispensables pour encadrer cette évolution.

· Technique: quelle infrastructure mettre en place pour que soient respectées la confidentialité des données et la sécurité informatique de l’entreprise? Nous ne manquons pas de compétences au Luxembourg qui soient en mesure d’assurer un tel service (notamment grâce à la couverture en fibre optique du pays).

Le télétravail est de l’intérêt des entreprises elles-mêmes: moins d’espace de bureaux, satisfaction du personnel, meilleures conditions de travail… et pourtant, beaucoup d’entreprises hésitent à s’engager dans cette voie, car cela soulève de nombreuses questions qu’elles n’ont pas les moyens d’affronter par elles-mêmes. Savoir qu’un organisme a déjà éclairci ces sujets et est prêt à leur apporter aide et conseils constituerait une motivation supplémentaire.

Enfin, il serait nécessaire de compléter de telles mesures avec des «business centers» aux frontières nationales qui devraient être équipés pour permettre le télétravail.

L’auteur: Pierre Decock

Toutes les idées sont bonnes à prendre, nous ne souhaitons restreindre ni votre réflexion ni votre imagination. Si comme Pierre Decock vous souhaitez contribuer à cette initiative, vous pouvez nous envoyer votre idée sous ce format:

- un mot-clé, par exemple: fiscalité;

- un titre explicite, par exemple: baisser la TVA dans la restauration;

- un résumé en 300 signes maximum;

- un développement en 3.000 signes maximum;

- une photo de vous qui permettra d’illustrer l’article sur paperjam.lu.

À l’adresse: luxembourgrecovery@paperjam.lu