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Supercalculateur

Meluxina, l’outil du futur du Luxembourg



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Le Luxembourg a fait partie des pionniers autour du projet de réseau de HPC en Europe et obtient à ce titre un des huit premiers HPC européens, ont expliqué le ministre de l’Économie Étienne Schneider et le directeur général de la DG Connect de la Commission européenne, Khalil Rouhana. (Photo: DR / Paperjam)

Le ministre de l’Économie, Étienne Schneider, a présenté vendredi après-midi le HPC du Luxembourg. Meluxina, le supercalculateur à 30,4 millions d’euros, sera installé dans les locaux existants de LuxConnect à Bissen. Un choix stratégique.

Espérons que l’histoire ne se termine pas en queue de poisson: Mélusine, dont l’histoire a inspiré le nom du supercalculateur luxembourgeois, s’est jetée par la fenêtre du château qui surplombait le Bock. Désespérée que son amoureux, Sigefroi, le comte de Luxembourg, découvre sa queue de poisson, elle avait disparu dans l’Alzette.

Meluxina, lui, aura moins d’opportunités de s’échapper des 162 mètres carrés qu’il occupera dans le bâtiment actuel de LuxConnect. Le supercalculateur dans lequel l’État et la Commission européenne investissent plus de 30 millions d’euros est une sorte de réseau «d’ordinateurs» qui atteint une puissance de calcul de plus de 10 pétaflops, ce qui le classe parmi les 25 meilleurs HPC mondiaux.

Le Luxembourg a dû prendre cette option pour répondre à la stratégie européenne qui prévoyait l’amélioration de cinq HPC à plus de 10 Pflop et la création de trois autres HPC à plus de 100 Pflos, pour 250 millions d’euros (Finlande, Espagne, Italie). Il fallait donc que cela s’insère dans des installations existantes.

Luxembourg, pionnier dans la volonté

Dans sa présentation, le ministre de l’Économie, Étienne Schneider , a rappelé que cela s’inscrivait dans la stratégie Rifkin et que ce superordinateur travaillerait aussi bien pour l’industrie que pour la recherche ou la médecine personnalisée, par exemple.

«En ligne avec notre stratégie d’innovation basée sur les données, qui ambitionne de développer une économie digitale durable et fiable, le superordinateur luxembourgeois accompagnera la transition numérique et offrira aux entreprises de nouvelles opportunités pour innover et rester compétitives. C’est une des mesures prioritaires de la stratégie Rifkin de troisième révolution industrielle, qui place la digitalisation et l’utilisation de données au centre du développement économique et social», a dit le vice-Premier ministre.

En 2017, à Rome, le Luxembourg faisait déjà partie des six États membres d’accord pour créer un réseau européen des HPC. «Le fait que notre pays s’engage dans cette voie est aussi un signal fort pour l’économie», a ajouté le ministre.

L’Université, le List et LuxConnect ont donc préparé la candidature luxembourgeoise qui a finalement été retenue, probablement pour son alimentation en énergie verte de Kiowatt.

20 premiers emplois seront créés, directement chez LuxConnect, qui double quasiment ses effectifs pour l’occasion.

La puissance de calcul des grandes puissances, comme les États-Unis ou la Chine, est deux fois supérieure à la puissance de calcul de l’Union européenne. Et cela commence à avoir un impact sur le développement de notre économie.

Khalil Rouhana,  directeur général de la DG Connect,  Commission européenne

Il était temps que l’Europe réagisse, a dit en substance le représentant de la Commission européenne, Khalil Rouhana. «La puissance de calcul des grandes puissances, comme les États-Unis ou la Chine, est deux fois supérieure à la puissance de calcul de l’Union européenne. Et cela commence à avoir un impact sur le développement de notre économie.»

25 États membres, plus la Norvège, la Suisse et la Turquie, ont accepté de rejoindre cette initiative de réseau de HPC, à laquelle l’Union européenne consacrera 500 millions d’euros, et les États membres autant, selon lui.

L’Union européenne a prévu d’y consacrer 2,7 milliards d’euros sur la prochaine programmation budgétaire qui va jusqu’en 2027.

1,5 autre milliard pour unifier les données

Malgré des Chinois qui ont accès aux données de 1,4 milliard de personnes et des Américains à celles de 500 millions de personnes, le représentant de la Commission a rejeté toute idée d’assouplissement du règlement européen sur la protection des données.

«Les autres régions, le Japon, les États-Unis, l’Australie, songent à mettre en place un cadre semblable. Les derniers incidents sur les données personnelles montrent que l’Europe a pris une longueur d’avance, qui assure la confiance.»

L’Europe consacrera aussi 1,2 à 1,5 milliard d’euros à la mise en œuvre de normes et d’interopérabilité des données européennes. Il ne s’agit pas d’avoir accès à des données européennes, mais que celles-ci soient formatées à peu près de la même manière pour pouvoir les utiliser avec efficacité.

Le HPC luxembourgeois doit maintenant être «dessiné» par le ministère, l’Université, le List et LuxConnect. Le cahier des charges fera l’objet d’un appel d’offres public, tout cela devant être réglé d’ici juin, pour une mise en service progressive en octobre 2020.