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Le masque au travail: une question de bon sens



Pour certains métiers, le port du masque est une contrainte difficile à assumer sur une longue durée. Pour les syndicats, la protection contre le Covid ne doit pas être source d’autres dangers pour les travailleurs. (Photo: Shutterstock)

Pour certains métiers, le port du masque est une contrainte difficile à assumer sur une longue durée. Pour les syndicats, la protection contre le Covid ne doit pas être source d’autres dangers pour les travailleurs. (Photo: Shutterstock)

La France a décidé de nouvelles mesures contre la pandémie de Covid-19 dans l’environnement professionnel. Au Luxembourg, on considère que celles déjà en vigueur sont suffisantes. Les syndicats OGBL et LCGB plaident pour des mesures placées sous le signe du bon sens.

Dès le 1er septembre, en France, le port du masque sera obligatoire sur son lieu de travail , sauf dans les bureaux individuels. Équipement de protection, le masque devra être fourni par l’entreprise.

Des mesures suffisantes actuellement

Qu’en est-il au Luxembourg? Contacté par Paperjam, le ministère de la Santé explique «que des mesures existent déjà via un règlement grand-ducal d’avril 2020 qui balise les obligations des employeurs et des employés». Celles-ci prévoient d’informer le personnel, d’aménager les locaux de l’entreprise selon les circonstances pour assurer la distanciation sociale, de mettre en place une signalisation ad hoc, de veiller au nettoyage des locaux, de mettre à disposition eau, savon et équipements de protection…

«Comme le stipule le Code du travail, l’employeur doit assurer la sécurité de son personnel», souligne encore le ministère. Les salariés, eux, doivent utiliser comme il se doit les différents équipements.

Ces mesures semblent suffisantes pour le moment. «L’UEL, la Chambre des métiers ou la Fédération des artisans ont travaillé avec leurs membres et nous-mêmes pour mettre en place des boîtes à outils, avec toutes les recommandations et les procédures», répète le ministère. Et cela semble efficace puisque «le nombre d’infractions ou de cas problématiques est plutôt faible», commente Robert Fornieri, secrétaire général adjoint du LCGB. Jean-Luc De Matteis, pour l’OGBL, confirme que, «dans les entreprises où nous sommes, les mesures sont bien appliquées, adaptées». 

Faire preuve de bon sens

Le syndicat LCGB est pour le port du masque sur le lieu de travail. «Il y a la loi, les recommandations sanitaires… Mais nous voulons avant tout que ce soit le bon sens qui prime . Le port du masque au travail doit être adapté au cas par cas, selon le contexte. Dans la sidérurgie, c’est compliqué quand il fait chaud, tout le monde le comprend. Pour certaines personnes qui portent des lunettes, cela forme de la buée. Verront-elles où elles vont mettre le pied? Il ne faut pas que la protection contre le Covid devienne source d’autres dangers pour ceux qui travaillent», fait valoir Robert Fornieri.

Celui-ci estime que, pour que tout se passe bien sur le lieu de travail, «le plus efficace est d’intégrer les délégations du personnel et le délégué à la sécurité aux discussions au sein des entreprises. Et de trouver ses solutions locales. S’il faut porter le masque car la distance ne peut être respectée et qu’il fait chaud, il faut proposer des pauses plus fréquentes. Il ne faut pas tout changer, mais adapter les choses. Vouloir un cadre légal pour tout régler ne sera pas efficace.»

Son homologue de l’OGBL est du même avis. «Au Luxembourg, l’avantage est que les choses ont été assez claires très vite: quelles mesures dans les commerces, dans les camionnettes de chantier… En réalité, le port du masque est presque déjà obligatoire sur son lieu de travail au Luxembourg. C’est tout simplement une obligation si on ne peut respecter la distanciation de 2 mètres entre les personnes. En France, c’était moins évident.»

Le masque à charge de l’employeur

Jean-Luc De Matteis rappelle aussi que «la sécurité de l’employé est une responsabilité de l’employeur, et qu’il a une obligation de réussite». Dès lors, «si le port du masque est une obligation sur mon lieu de travail, c’est à mon employeur de me le fournir».

Mais le règlement grand-ducal ne précise ni le nombre de masques à fournir, ni leur qualité. «Encore une fois, c’est le bon sens qui doit jouer. Certains métiers imposent de changer plus souvent de masque. Certaines activités sont plus confortables avec un masque en papier plutôt qu’en tissu. Cela doit être adapté», conclut Robert Fornieri. Tandis que Jean-Luc De Matteis met en évidence le fait «que si le travailleur estime sa sécurité non assurée, il peut exercer un droit de retrait, comme le prévoit le Code du travail».