PLACE FINANCIÈRE & MARCHÉS — Marchés financiers

Vue des marchés

Les marchés face à Omicron



Face au variant Omicron, les analystes se montrent circonspects. (Photo: Shutterstock)

Face au variant Omicron, les analystes se montrent circonspects. (Photo: Shutterstock)

Plus contagieux, mais moins fatal: on commence à y voir plus clair sur les effets du variant Omicron sur la santé humaine. Mais quid de ses effets sur l’économie et les marchés? Les analystes, comme les virologues en leur temps, restent mesurés quant aux effets possibles.

Malgré le Covid et ses nombreux variants, 2021 aura été une bonne année pour l’économie et pour les marchés portés respectivement par un rattrapage de la consommation et par les politiques accommodantes des banques centrales.

Pour l’économiste Nuriel Roubini, professeur d’économie à la Stern School of Business de l’université de New York, le variant Omicron est porteur des pires effets pour l’économie: un haut niveau d’incertitude et un probable renforcement de l’aversion au risque. Des facteurs qui auront un impact négatif sur la demande et exacerberont les difficultés des chaînes d’approvisionnement.

De quoi amplifier les principaux risques baissiers identifiés pour 2022.

Vers une inflation endémique

L’inflation d’abord que Nuriel Roubini ne voit pas comme un phénomène transitoire, mais plus comme un phénomène endémique va contraindre les banques centrales à normaliser leurs taux d’intérêt et à abandonner leurs politiques monétaires non conventionnelles. Avec comme crainte qu’avec le haut niveau d’endettement tant public que privé, la hausse du coût du crédit ne puisse être absorbée. Les banques centrales se retrouveront alors devant un choix aussi cornélien que de choisir entre vaccinés et non-vaccinés: opter pour une inflation pandémique ou une crise du crédit… Tout en gardant un œil sur les potentielles bulles prêtes à éclater que peuvent constituer la surévaluation des actions, l’immobilier ou encore les actifs «exotiques» tels que les cryptoactifs ou les SPAC (special purpose acquisition companies).

Compte tenu de la diffusion fulgurante du variant Omicron, et des défis que cela pose en termes de campagne vaccinale et de développement de vaccins, il est extrêmement difficile d’évaluer la probabilité d’une maîtrise de la situation dès 2022. Où au-delà.
William de Viljder

William de Viljder,  directeur de la recherche économique,  BNP Paribas

Pour William de Viljder, directeur de la recherche économique du groupe BNP Paribas, si le scénario de base pour 2022 est séduisant — la croissance de PIB réel devrait être dynamique et l’inflation, tout en restant élevée à court terme, refluerait dans le courant de l’année —, il reste très incertain, principalement à cause de l’évolution de la pandémie de Covid. «Compte tenu de la diffusion fulgurante du variant Omicron, et des défis que cela pose en termes de campagne vaccinale et de développement de vaccins, il est extrêmement difficile d’évaluer la probabilité d’une maîtrise de la situation dès 2022. Où au-delà.»

Sa crainte est que les incertitudes liées à la pandémie deviennent structurelles et pèsent sur la demande et que, du fait de la montée de l’absentéisme pour cause de maladie, les secteurs de la production, du transport et de la distribution soient désorganisés et provoquent de nouveaux goulots d’étranglement.

La confiance pourra également être fortement entamée si l’inflation venait à surprendre à la hausse. Ce qu’il juge «probable».

Du côté de chez Pictet, on estime que «le variant Omicron a peut-être entraîné davantage de restrictions, mais la reprise économique n’en reste pas moins résistante. Ce qui signifie que les actions ne semblent pas vulnérables à une correction.»

«Mais la reprise mondiale reste résistante, grâce à un marché du travail solide, une demande de services refoulée et des bilans d’entreprise sains. L’épargne abondante des ménages peut également amortir le choc: le FMI prévoit que le taux d’épargne brut mondial atteindra le niveau record de 28% en 2022.»

Les analystes de la banque suisse tablent sur une croissance mondiale de 4,8% en 2022.

Malgré l’émergence du nouveau variant du Coronavirus Omicron, la croissance économique mondiale demeurera robuste en fin d’année.
Guy Wagner

Guy Wagner,  chief investment officer et administrateur-directeur,  BLI-Banque de Luxembourg Investments

Vision plutôt optimiste également pour Guy Wagner , chief investment officer et administrateur-directeur chez BLI-Banque de Luxembourg Investments, «malgré l’émergence du nouveau variant du Coronavirus Omicron, la croissance économique mondiale demeurera robuste en fin d’année».

Selon son analyse, «l’augmentation probable du nombre d’infections au Coronavirus et le renforcement des mesures de confinement à la suite de la propagation du variant Omicron devraient ralentir la croissance économique mondiale au cours du premier trimestre de cette année, sans pour autant la faire dérailler.»

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