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Fonds d’investissement

Les actifs sous gestion au Luxembourg résistent à Omicron



Le marché des organismes de placement collectif (OPC) a connu une nouvelle hausse au Luxembourg. À l’exception des États-Unis, l’émergence du variant Omicron et la reprise de l’inflation ont toutefois impacté les marchés étrangers.

Après un léger recul, le montant total des actifs sous gestion dans les fonds d’investissement au Luxembourg – ce qui inclut les OPC soumis à la loi de 2010, les fonds d’investissement spécialisés et les Sicar – a enregistré un relatif record en novembre. Selon les derniers chiffres publiés par la Commission de surveillance du secteur financier (CSSF), les actifs nets du secteur atteignaient ainsi 5,749 milliards d’euros au 30 novembre 2021. Ce qui représente une augmentation de 0,55% par rapport au mois précédent.

Alors que le total des actifs du secteur reculait de 0,81% à l’issue du deuxième trimestre 2021, la CSSF note toutefois que l’industrie luxembourgeoise des OPC a connu une croissance de 17,77% au cours des douze mois précédents. L’année 2020 s’était quant à elle clôturée sur une progression annuelle de 5,40% .

Impactée par les différentes évolutions de la crise sanitaire, l’industrie des OPC subit désormais les effets de l’évolution sanitaire mondiale et d’une inflation plus forte que prévu en Europe et aux États-Unis. Toutes deux ont pesé sur le sentiment des investisseurs, menant à une chute du marché des actions au cours de novembre 2021 au bénéfice du marché obligataire.

L’ombre du variant Omicron et de l’inflation

A contrario du Luxembourg, le marché européen des OPC a enregistré une performance négative de 1,35%, toujours dans un contexte de crise sanitaire. La hausse des hospitalisations et l’apparition de nouvelles restrictions causées par l’émergence de la quatrième vague de Covid dans plusieurs pays ont ainsi influencé une tendance négative du marché européen des OPC. La CSSF précise que cette situation est aussi due à une inflation plus élevée dans la zone euro et les pénuries persistantes dans les chaînes d’approvisionnement.

Les pays émergents ont également enregistré une tendance négative en novembre. C’est surtout du côté de l’Europe de l’Est où la baisse s’est fait le plus ressentir avec une variation négative de 7,90% du marché des actions. Il est à noter que la région a fortement été influencée par la chute du prix du pétrole et la résurgence des cas de Covid en Tchéquie, Pologne et Hongrie.

Sur fond de doutes sur le variant Omicron , le marché des actions asiatique a reculé de 0,96% entre octobre et novembre. La CSSF rappelle que cette tendance s’inscrit également dans un contexte de chute du marché des actions chinois par peur de nouvelles restrictions sanitaires, d’un ralentissement du marché immobilier et d’un renforcement réglementaire de la surveillance d’internet.

Un marché américain positif

Le marché américain des fonds de placement s’en sort quant à lui relativement mieux que la moyenne globale, achevant le mois de novembre avec une variation positive de 1,30%. Malgré un recul des actions américaines causé par des inquiétudes liées au variant Omicron et la réduction plus rapide des achats d’actifs par la Réserve fédérale (Fed) due à l’inflation, les OPC américains sont tout de même parvenus à tirer leur épingle du jeu. «La forte hausse du dollar américain par rapport à l’euro a fait passer la catégorie des OPC américains en territoire positif», note la CSSF.

La surprise est réelle du côté américain dans un contexte où le président de la Fed, Jerome Powell, avait lui-même indiqué, au cours de l’été 2021, que la politique de soutien massif à l’économie touchait à sa fin . Ce dernier estimait que la décroissance du chômage et l’évolution de la pandémie permettaient de diminuer les rachats d’actifs par la Fed «avant la fin de l’année».