POLITIQUE & INSTITUTIONS — Economie

4e édition de l’enquête BEI

63% des Luxembourgeois pour plus de fermeté pour le climat



Seuls 8% des Luxembourgeois estiment que le réchauffement climatique n’est pas dû aux activités humaines. (Photo: Shutterstock)

Seuls 8% des Luxembourgeois estiment que le réchauffement climatique n’est pas dû aux activités humaines. (Photo: Shutterstock)

Selon la Banque européenne d’investissement, de plus en plus de Luxembourgeois sont favorables à des mesures gouvernementales plus strictes imposant la modification des comportements pour faire face à l’urgence climatique.

L’étude de la Banque européenne d’investissement (BEI), conduite par l’institut de sondage BVA, explore parmi d’autres sujets les points de vue des citoyens vis-à-vis des changements climatiques et les actions qu’ils attendent de leur pays pour les combattre.

Au Grand-Duché, et toujours selon cette étude, la population est très concernée par la problématique. Ainsi, 76% des Luxembourgeois pensent que les changements climatiques et leurs conséquences sont le plus grand défi du 21e siècle; 77% ont l’impression que les changements climatiques ont une incidence sur leur vie quotidienne; 66% pensent que le Luxembourg ne parviendra pas à réduire considérablement ses émissions de carbone d’ici 2050, conformément à l’engagement pris dans le cadre de l’accord de Paris sur le climat, et 63% sont favorables à des mesures gouvernementales plus strictes qui imposeraient la modification des comportements individuels, soit deux points de plus que l’année dernière.

Gestes barrières climatiques

Concernant les répercussions du changement climatique sur la vie quotidienne, le BEI relève des divergences en fonction de l’âge et de l’appartenance politique. Ainsi, alors que la proportion est particulièrement élevée chez les 15-29 ans (85%), elle est 14 points plus faible (71%) auprès des plus de 64 ans. Les sympathisants de gauche sont 82% à estimer que ces changements ont une incidence sur leur quotidien, soit 15 points de plus que les sympathisants de droite (67%).

66% des sondés estiment se préoccuper plus de l’urgence climatique que ne le font les pouvoirs publics. Par conséquent, ils sont plutôt sceptiques quant à la capacité de leur pays à mener à bien une transition écologique ambitieuse. Seuls 34% d’entre eux pensent que le Luxembourg parviendra à réduire considérablement ses émissions de carbone d’ici 2050, conformément à l’engagement pris dans le cadre de l’accord de Paris sur le climat. Ce pessimisme se retrouve chez 68% des sympathisants de gauche et 61% des sympathisants de droite.

Conséquence, 63% des Luxembourgeois sont favorables à des mesures gouvernementales plus strictes – comparables à celles mises en place pour lutter contre la pandémie de Covid-19 – qui imposeraient la modification des comportements individuels. Ils n’étaient que 56% l’an passé à formuler ce souhait.

Débats énergétiques

Interrogés sur la source d’énergie sur laquelle leur pays devrait s’appuyer pour faire face à l’urgence climatique, 58% des Luxembourgeois privilégient les énergies renouvelables. Soit 5 points de moins que la moyenne européenne. Les énergies renouvelables sont plus populaires auprès des moins de 30 ans (67% d’opinions favorables) et des sympathisants de gauche (59% d’opinions favorables) que des plus de 64 ans (50% d’opinions favorables) et des sympathisants de droite (50% d’opinions favorables).

Dans l’ensemble, la population est moins favorable à l’énergie nucléaire au Luxembourg (6%) que dans le reste de l’Europe (12%). 

Enfin, les Luxembourgeois (29%) pensent davantage que les autres Européens (1%) que leur pays devrait miser sur les économies d’énergie. Les Luxembourgeois de plus de 64 ans sont particulièrement favorables à cette possibilité (38%), soit 20 points de plus que les moins de 29 ans. Enfin, économiser l’énergie est bien mieux perçu que renforcer le rôle du gaz naturel (3%).

La main au porte-monnaie

Parmi les solutions les plus populaires auprès des Luxembourgeois pour lutter contre les changements climatiques figure l’introduction d’une taxe sur les produits et services qui contribuent le plus au réchauffement climatique. 70% des personnes interrogées l’approuveraient, un consensus partagé par les personnes aux revenus les plus modestes.

Les Luxembourgeois sont aussi favorables à 94% à la mise en place d’une garantie minimale de cinq ans sur tous les appareils électriques ou électroniques et au remplacement des vols court-courriers par des trains rapides à faibles émissions (92%). Ils sont également favorables à des mesures moins contraignantes, comme renforcer l’éducation à la consommation durable et la sensibilisation des jeunes à ce sujet (95%).