PLACE FINANCIÈRE & MARCHÉS — Banques

3 questions à Pascal Julliard et Frederic van Ingelgom

«Le Luxembourg apparaît comme une Place stable dans le temps»



Pascal Julliard (à gauche) et Frederic van Ingelgom (à droite). (Photos:  HSBC )

Pascal Julliard (à gauche) et Frederic van Ingelgom (à droite). (Photos:  HSBC )

Dans le cadre du 10×6 Luxembourg - Financial centre 2030 organisé par le Paperjam + Delano Club le mardi 25 janvier, Pascal Julliard, head of Luxembourg private banking et Frederic van Ingelgom, head of business development & client management au sein des securities services Luxembourg, chez HSBC, partagent leurs perspectives d’avenir pour la place financière.

La place financière est l’une des forces centrales du Grand-Duché. Comment se porte-t-elle aujourd’hui? 

Pascal Julliard (P.J.). – «La place financière luxembourgeoise se porte particulièrement bien. Le niveau des encours private banking, assets under management, a passé, fin 2020, la barre symbolique des 500 milliards d’euros, ce qui montre bien le dynamisme de la Place. Alors que nous sommes dans une période d’incertitudes au niveau mondial, le Luxembourg apparaît comme une Place stable dans le temps, ce qui est de nature à attirer capitaux et investisseurs.

On assiste également à un mouvement de consolidation des centres de booking dans l’industrie, avec certains acteurs faisant le choix du Luxembourg. HSBC est l’un d’entre eux et a choisi le Luxembourg pour en faire son hub paneuropéen.»

Frederic van Ingelgom. (F.V.I.) – «Le secteur des fonds d’investissement se porte extrêmement bien, tout spécialement du côté des investissements alternatifs; un point important est que le secteur continue de se consolider tant du côté des Manco que du côté des ‘services providers’. Cette croissance continue nous pousse encore et toujours à rechercher de nouveaux talents au sein d’un talent pool – Luxembourg et la Grande Région – restreint, ce qui met de la pression sur notre compétitivité et nous challenge sur notre capacité à garder nos employés.

Face à d’autres pays, la place financière luxembourgeoise était-elle plus forte, plus innovante lors de la crise?

F.VI. – «Face à certains pays de l’Union européenne, oui. Face à d’autres pays au top de l’innovation, non. La Lhoft et nombre d’autres initiatives locales permettent à de jeunes start-up luxembourgeoises de monter en puissance. Mais on a vu aussi des start-up se lancer au Luxembourg puis s’expatrier, nous devons donc rester attentifs et continuer de promouvoir l’innovation au sein de nos métiers.»

P.J. – «La place financière luxembourgeoise s’est probablement montrée plus agile que d’autres. L’atout de son défaut est sa taille: plus on est petit, plus on est agile, et plus la communication est rapide entre les différents partenaires-clés de la Place: régulateur, gouvernement, banques, ABBL, avec des échanges et réponses plus rapides, plus précises et plus pragmatiques.»

À quoi pourrait ressembler la place financière luxembourgeoise d’ici 2030?

F.VI. – «Je dirais à une extension d’aujourd’hui avec plus de blockchains, de data et de digital, et d’API, le tout au sein d’un environnement définitivement et durablement teinté d’ESG. Ceux qui suivront le rythme de l’innovation seront toujours là et participeront au développement de la place financière.»

P.J. – «Je mentionnerais, pour ma part, les ‘ways of working’; la crise les a profondément et durablement modifiés. Le travail hybride, notamment, correspond à une demande, et pour alimenter le bassin luxembourgeois, il est essentiel de continuer à attirer les talents.»

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