LIFESTYLE & VIE PRATIQUE — Argent

Mon argent

La liberté de choisir



Pour Gaëlle Haag, une saine gestion de ses finances passe par la réduction des dépenses. (Photo: Andrés Lejona/Maison Moderne)

Pour Gaëlle Haag, une saine gestion de ses finances passe par la réduction des dépenses. (Photo: Andrés Lejona/Maison Moderne)

Cofondatrice de la start-up Startalers, Gaëlle Haag conseille les femmes en matière d’investissement. Cette fois, c’est elle qui nous confie son rapport à l’argent.

Avez-vous une devise par rapport à l’argent?

Gaëlle Haag. – «‘Dépense moins que ce que tu gagnes!’ L’argent est avant tout un moyen pour arriver à une liber­té de choix, pas une fin en soi.

Vous souvenez-vous du montant de votre premier salaire?

«À 14 ans, je donnais des cours d’anglais dans l’école primaire de l’athénée d’Arlon, où j’étais inscrite. Je devais gagner environ 300 euros par mois au milieu des années 1990. Ça m’a plus marquée que mon premier salaire [rires].

Un souvenir spécial avec vos premiers «vrais» salaires?

«La première année que nous tra­vail­lions, mon mari et moi, nous nous sommes offert un premier grand voyage aux États-Unis.

Avez-vous des passions coûteuses?

«Les voyages, évidemment. Surtout quand on voyage avec deux enfants. Il s’agit toujours d’un budget important. Pour le reste, je ne vois rien d’exubérant.

Votre dernier coup de folie?

«Un beau sac pour mes 35 ans. J’ai eu beaucoup de coups de folie quand je travaillais comme salariée, mais, depuis que j’ai lancé ma société, il y a 2 ans et demi, ils sont devenus plus rares. J’ai un projet professionnel, et deux filles qui grandissent… C’est donc une question de priorités à un autre stade de vie.

Avez-vous un rêve irréalisable faute de moyens?

«Les rêves que j’ai, je travaille pour les atteindre et ils ne me semblent pas irréalisables. Je me suis beaucoup détachée de l’aspect matériel des choses ces dernières années.

Le plus mauvais achat que vous ayez fait dans votre vie?

«Je ne dirais pas que c’est un mauvais achat, mais nous avons acheté très tôt notre premier appartement, puis notre première maison. Aujourd’hui, je ressens cela comme une contrainte qui nous rend moins mobiles et moins ‘libres’. Nous avons été conditionnés culturellement par l’idée qu’il faut acquérir un bien immobilier et se mettre un poids sur la tête.

Pour devenir riche, il faut…?

«Épargner, gérer son budget et investir sur le long terme. L’objectif ne doit pas être de gagner plus, mais avant tout de dépenser moins. Les gens adaptent leur train de vie aux revenus supérieurs et donc ne s’enrichissent pas.

De combien d’argent liquide disposez-vous en moyenne sur vous?

«Je n’en ai jamais sur moi, même pas 50 cents. Et, souvent, je n’ai même pas de carte. Je paie tout avec mon téléphone. Au Luxembourg, ça ne pose aucun problème. Les paiements élec­tro­­niques favorisent la transparence, et j’adhère à ce principe.

Y a-t-il des choses pour lesquelles vous ne regardez pas à la dépense?

«Pour l’éducation au sens large de mes filles et pour une alimentation de qualité. Je leur refuse rarement l’achat d’un livre ou d’une revue qui va leur apprendre quelque chose, leur ouvrir l’esprit. Au niveau alimentaire, je regarde d’abord la provenance et la manière dont un produit a été fabriqué.

Le prix de certaines choses vous dérange-t-il?

«Les biens de première nécessité devraient être accessibles à tous et, pourtant, ils le sont de moins en moins.

Savoir parler d’argent, c’est important?

«C’est essentiel. Je vois, à travers mon métier, les dégâts que le tabou autour de l’argent crée dans notre société. L’éducation financière est nettement insuffisante. On devrait en parler dès l’école et on ne le fait pas du tout. Or, je vois avec mes filles qu’il existe de nombreux moyens d’amener cette discussion de manière saine et constructive.»

Cet article a été rédigé pour l’édition magazine de  Paperjam datée d’avril  qui est parue le 24 mars 2021.

Le contenu du magazine est produit en exclusivité pour le magazine, il est publié sur le site pour contribuer aux archives complètes de Paperjam.

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