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LCGB et CSC plaident pour 56 jours de télétravail



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Selon les deux syndicats, les 24 jours actuels de télétravail sont totalement insuffisants. (Photo: Shutterstock)

Le télétravail restera un sujet d’actualité au cours de l’année 2020. La Commission des frontaliers belges du LCGB et de la Confédération des syndicats chrétiens formule une première demande.

Les travailleurs frontaliers belges attendent avec impatience une révision du nombre de jours au cours desquels le télétravail sera possible. Il est actuellement de 24 jours en ce qui les concerne, contre 29 jours pour les travailleurs français, et 19 pour les employés allemands.

Un quota totalement insuffisant pour la Commission des frontaliers belges des syndicats LCGB-CSC. Celle-ci souhaite que le nombre de jours soit porté à 56 par an. «Nous constatons une distorsion entre la limite autorisée de jours de télétravail au niveau fiscal (maximum de 24 jours de travail dans son pays de résidence avant d’y être imposé) et la limite en ce qui concerne la sécurité sociale (maximum de 25% de son temps de travail dans son pays de résidence avant de dépendre de son régime de sécurité sociale). Il faudrait logiquement que ces seuils soient identiques. Nous plaidons pour notre part en faveur d’une autre voie, médiane», explique Carlo Wagener, secrétaire général adjoint au LCGB. 

Un incitant pour recruter

La moyenne du temps de travail étant de 225 jours par an, la Commission LCGB-CSC propose donc 56 jours, soit un peu moins de 25% de 225. «Un jour de télétravail par semaine prestée semble le minimum à octroyer dans l’absolu. On serait donc déjà à environ 48 jours par an, bien au-delà de la limite actuelle. Porter ce chiffre à 56 jours pour rapprocher seuil fiscal et seuil de sécurité sociale ne serait pas un gros effort supplémentaire», note encore Carlo Wagener.

Tant le syndicat luxembourgeois que le belge ne pensent cependant pas que le télétravail sera la solution miracle aux problèmes de mobilité connus au Luxembourg. «Mais cela peut être un élément contribuant à la solution globale, comme le covoiturage, la mobilité douce…», conclut le secrétaire général adjoint.

Par contre, obtenir 56 jours de télétravail pourrait être un argument de recrutement «comme les autres avantages liés à un emploi au Luxembourg».

Il reste cependant deux écueils. Le premier est de taille: la Belgique est actuellement sans gouvernement fédéral. Or, sans celui-ci, impossible de sceller un accord bilatéral. Le second concerne le fait que la Belgique et le Luxembourg ne semblent pas sur la même longueur d’onde quant à l’état d’avancement des négociations. Si le ministre belge des Finances  Alexander De Croo (Open VLD) a indiqué à la Chambre à Bruxelles qu’un avenant à la  convention fiscale belgo-luxembourgeoise pourrait être signé  cette année, son homologue luxembourgeois  Pierre Gramegna  (DP) a mis en avant  le fait qu’aucun accord n’était en vue .