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Grande Région

«Le projet d’A31 bis peut encore être abandonné»



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Jean-Michel Stievenard (au premier plan) explique qu’il «reste encore beaucoup de temps avant la décision finale, nous n’avons pour l’instant pas d’échéance, mais je vais demander que l’État français le précise». (Photo: Romain Gamba)

Jean-Michel Stievenard, garant de la concertation sur le projet de l’A31 bis, achève ce vendredi soir à Villers-lès-Nancy la phase des réunions publiques. L’occasion de faire le point sur l’avancement des discussions et les étapes à venir.

La dernière réunion publique de concertation a lieu ce vendredi soir à Villers-lès-Nancy pour le secteur nord. Lundi, c’est à Thionville qu’avait lieu la réunion de restitution pour le secteur nord, et mercredi était organisé un débat à Metz sur le sujet «Projet A31 bis: quelle prise en compte des mobilités du futur?».

Un débat auquel ont notamment assisté Dominique Gros, maire de Metz, Didier Martin, préfet de la Moselle, Fabrice Genter, président de la CCI Moselle Métropole Metz, mais également Jean-Michel Stievenard, garant de la concertation sur le projet de l’A31 bis.

Un «Grenelle des mobilités»

«Le débat a notamment montré que tout l’enjeu de l’A31 bis est d’en faire un projet du futur», explique Jean-Michel Stievenard. «Ce qui a également évolué depuis que j’ai été nommé garant de la concertation en 2016, c’est la volonté de l’insérer dans un projet global de mobilité, de mobiliser tous les moyens de transport, le rail, le covoiturage, les transports en commun, le maritime.»

Jean-Michel Stievenard insiste, dans ce sens, pour que soit organisé un «Grenelle des mobilités soit sur l’ensemble du sillon lorrain, soit sur le nord de Thionville et l’agglomération nancéienne».

Il ne peut pas y avoir une autoroute au milieu de Florange.

Jean-Michel Stievenard,  Garant de la concertation sur le projet d’A31 bis

À l’issue de la dizaine de réunions publiques qui ont été organisées depuis le mois de novembre dernier, plusieurs voix ont regretté le manque de mobilisation de la part des citoyens. Un sentiment partagé par Jean-Michel Stievenard. «Environ 1.200 personnes sont venues dans les réunions, ce n’est pas si mal, et en même temps, vis-à-vis des plus de 680.000 habitants que compte le sillon lorrain, ce n’est bien sûr pas assez, donc sur ce sujet de la mobilisation, je suis insatisfait. Mais le point important, c’est que tous les groupes de population concernés par l’A31 bis se sont manifestés et ont pu s’exprimer: les usagers, les riverains et les élus ont été très mobilisés également.»

Face aux inquiétudes récentes affichées par les élus du nord de la Lorraine sur le tracé F4, qui inclut une traversée de Florange, Jean-Michel Stievenard explique «qu’il faudra que la Dreal (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement, ndlr) étudie et démontre qu’il sera possible de traverser la ville sans nuisances. Il est clair qu’il ne peut pas y avoir une autoroute au milieu de Florange.»

Concernant la possibilité de construire un passage souterrain de cinq kilomètres sous Florange, le garant de la concertation est plus dubitatif: «Cela me semble difficilement réalisable, mais la Dreal devra étudier toutes les options, notamment le tracé F10, entre Illange et Terville.»

«Arrêter de naviguer à vue»

Jean-Michel Stievenard va désormais réaliser un rapport de toutes les réunions publiques qui ont été organisées. «Je me suis donné jusqu’au 25 mars, et je vais demander au préfet d’organiser un comité de pilotage. L’idéal serait qu’il soit constitué aux alentours du 15 avril autour des préfets concernés, le conseil régional, les présidents des deux conseils généraux de Moselle et de Meurthe-et-Moselle, les présidents d’intercommunalités, ainsi que quelques parlementaires. L’État doit montrer qu’il a entendu les revendications et les craintes des uns et des autres.»

De récentes déclarations dans la presse régionale ont aussi soulevé la question de la priorité donnée par Paris au projet de l’A31 bis. «Bien sûr, toutes les options restent envisageables, y compris de ne pas la faire. C’est un risque, mais ce serait vraiment dommageable pour le nord de la Lorraine. Il reste encore beaucoup de temps avant la décision finale, nous n’avons pour l’instant pas d’échéance, mais je vais demander que l’État français le précise. Nous devons cesser d’être dans un calendrier où l’on navigue à vue.»

Même si les dates ne sont, elles, pas encore au rendez-vous, les prochaines étapes sont à présent connues. «La décision sera prise par l’État, via le comité de pilotage ou le préfet. Ensuite, la déclaration d’utilité publique sera préparée, soit environ deux ans de travaux, avec notamment des études environnementales, et ensuite le début des travaux.» Sachant que le coût de l’aménagement du secteur nord-est est estimé entre 600 et 860 millions d’euros, et que l’État, pour sa part, mobilisera 400 millions sur la période 2023-2033 pour la totalité du tracé, de Toul (péage de Gye) à la frontière luxembourgeoise. Le coût global des travaux nécessitant au total une enveloppe de 1,4 à 1,9 milliard d’euros en fonction des variantes retenues, dans les estimations actuelles.