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Grande Région

«90% des entreprises mosellanes pour l’A31 bis»



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Fabrice Genter a notamment assisté à une conférence-débat au Cescom de Metz, ce mercredi, dans le cadre de la concertation (ici aux côtés du maire de la Ville, Dominique Gros). (Photo: Romain Gamba)

Alors que la dernière réunion publique de concertation se tient ce vendredi à Villers-lès-Nancy, la Chambre de commerce de Moselle a lancé une enquête auprès des entreprises du département afin de connaître leur point de vue sur le projet de l’A31 bis.

«Les résultats ne sont pas encore définitifs, mais les premières tendances sont très claires. 90% des entreprises mosellanes estiment que l’A31 bis est une priorité pour le développement économique du département.» Comme l’explique Fabrice Genter, président de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) Moselle Métropole Metz, l’institution départementale a lancé une enquête à destination des entreprises du territoire au sujet du projet autoroutier.

«Au terme de ce premier dépouillement, 450 entreprises ont déjà répondu (la CCI Moselle en représente 31.500 au total, ndlr)», ajoute Fabrice Genter. Six questions sont posées au sein du questionnaire transmis aux entreprises, et actuellement en ligne sur le site de la CCI.

«Un co-développement avec le Luxembourg»

Entre 65 et 70% des entreprises interrogées estiment que les difficultés récurrentes de circulation sur l’A31 (densité du trafic, bouchons, accidents…) ont des conséquences pour leurs clients, fournisseurs, et salariés. «L’idée est aussi de ne pas abandonner les autres projets de mobilité, comme le rail, modifier les comportements en encourageant le covoiturage. Il y a une vraie urgence; quand on voit les prévisions du nombre de frontaliers à l’horizon 2030 (150.000, selon les derniers chiffres, ndlr), c’est énorme!»

Pour le président de la CCI Moselle Métropole Metz, une coopération sur ces sujets de mobilité est nécessaire avec le Luxembourg. «Nous devons faire et réfléchir ensemble, et mettre en place un co-développement. Je pense qu’il faudrait créer une structure commune très mobile autour, notamment, du ministre des Transports luxembourgeois François Bausch , le préfet de la Moselle Didier Martin, et un représentant de la région Grand Est, qui permette de développer et d’échanger sur ces thèmes et de prendre des décisions plus rapidement.»

Les entreprises «pour» la participation du Luxembourg au financement

L’enquête lancée par la CCI Moselle Métropole Metz évoque également la mise en concession, et donc l’instauration, d’un péage dans le cadre du projet de l’A31 bis. Elle interroge sur le fait de mettre en place des tarifications spéciales plus favorables pour les entreprises mosellanes, une idée à laquelle 92% d’entre elles adhèrent.

Elles sont également favorables, dans quasiment les mêmes proportions, à la mise en place d’une écotaxe pour les transporteurs internationaux (grand transit européen), dans leur traversée du sillon mosellan. Elles répondent aussi «oui» à 90% à la question «Le Luxembourg devrait-il participer au financement de l’A31 bis secteur nord?».

Fin vendredi des réunions publiques

Pour rappel, le coût de l’aménagement du secteur nord-est est estimé entre 600 et 860 millions d’euros. L’État, pour sa part, mobilisera 400 millions sur la période 2023-2033 pour la totalité du tracé, de Toul (péage de Gye) à la frontière luxembourgeoise, le coût global des travaux nécessitant une enveloppe de 1,4 à 1,9 milliard d’euros en fonction des variantes retenues.

Et alors que les réunions publiques de concertation s’achèvent ce vendredi à Villers-lès-Nancy, Fabrice Genter compte bien peser dans le débat «grâce à cette enquête. Nous nous faisons les porte-parole des entreprises et servons de lien entre elles et les collectivités.» Il était notamment présent ce mercredi lors d’une conférence-débat organisée au Cescom de Metz, dans le cadre de la concertation, sur le thème «Projet A31 bis: quelle prise en compte des mobilités du futur?».