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cinéma

Kinepolis contracte un crédit de 80 millions d’euros



Kinepolis envisage les pires scénarios sanitaires et, pour s’y préparer, contracte un nouveau crédit de 80 millions d’euros. (Photo: Matic Zorman / Maison Moderne)

Kinepolis envisage les pires scénarios sanitaires et, pour s’y préparer, contracte un nouveau crédit de 80 millions d’euros. (Photo: Matic Zorman / Maison Moderne)

Pour se préparer au scénario d’une reprise plus tardive que prévu dans ses 111 cinémas dans le monde, le groupe belge Kinepolis a souscrit à un nouveau crédit bancaire de 80 millions d’euros, pour une durée de trois ans.

Si les salles de Kinepolis s’apprêtent à rouvrir mercredi 13 janvier au Luxembourg , ce n’est pas le cas dans tous les autres pays où est présent le groupe belge (56 cinémas en Belgique, au Luxembourg, en France, aux Pays-Bas, en Espagne, en Suisse et en Pologne et 55 au Canada et aux États-Unis via le groupe Landmark Cinemas). Il enregistrait déjà une chute de 76% du nombre de visiteurs à 2,4 millions, ce qui a généré une forte tension sur la trésorerie au troisième trimestre 2020 . Une tendance similaire pour les trois complexes du Grand-Duché.

Le groupe vient donc de souscrire à un crédit bancaire de 80 millions d’euros pour trois ans auprès de ses banques attitrées, annonce-t-il via un communiqué. Un montant qui en dit long sur l’étendue des dégâts pour le secteur culturel. Kinepolis avait déjà multiplié par 30 son niveau d’endettement financier entre juin et septembre 2020, pour atteindre 478,9 millions d’euros.

Une réserve de liquidités

«Le secteur du cinéma et Kinepolis sont particulièrement touchés par la pandémie de Covid-19, entraînant la fermeture des salles, des restrictions de capacité et le report consécutif de la sortie des blockbusters hollywoodiens», écrit encore le groupe. Il se veut toutefois rassurant sur ses capacités: «Kinepolis a débuté cette crise avec un bilan solide et une importante réserve de liquidités. En tenant compte des mesures prises pour limiter les dépenses et des projets de construction en cours, le groupe dispose aujourd’hui toujours des moyens financiers suffisants pour surmonter une période de fermeture de plus de 10 mois de tous ses cinémas (ce qui est considéré comme le pire des scénarios).»

Le prêt de 80 millions d’euros servirait surtout à «se préparer à un report de la reprise complète de ses activités en raison des récents développements de la pandémie de Covid-19».

Conformément aux crédits bancaires existants, le crédit supplémentaire est assorti de plusieurs conditions limitant l’aliénation des actifs, les rachats et l’allocation de dividendes au-dessus d’un levier d’endettement préétabli à 3,75. Il a été obtenu à des «conditions commerciales intéressantes», selon Kinepolis.

Les banques ont également prolongé la suspension des covenants bancaires (clause d’un contrat de prêt qui, en cas de non-respect des objectifs, peut entraîner le remboursement anticipé) jusqu’au 30 juin 2022. Kinepolis s’est financé à travers l’émission d’obligations et par des dettes bancaires dans une moindre mesure. Ces covenants sont liés aux facilités de crédit bancaire d’un montant de 220 millions d’euros. Ils ont été remplacés par un covenant de liquidité dans le cadre de la suspension.