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Forecast (10/10)

Les investisseurs face à la présidentielle américaine



Matt Miller analyse les différents scénarios possibles de l’élection américaine et leurs conséquences. (Photo: Capital Group)

Matt Miller analyse les différents scénarios possibles de l’élection américaine et leurs conséquences. (Photo: Capital Group)

Le résultat de l’élection présidentielle américaine aura-t-il un impact dont les investisseurs doivent se méfier? Matt Miller, partner chez Capital Group, rappelle que, à long terme, les élections ont rarement eu un effet sur la performance des investissements.

Par définition, les élections ont des gagnants et des perdants, mais les vrais gagnants ont été les investisseurs qui ont gardé le cap et n’ont pas cédé aux sirènes du «market timing».

À moins de deux mois des élections, les investisseurs se tournent désormais vers le scrutin du 3 novembre. Pour les investisseurs à long terme, le résultat d’une élection présidentielle américaine n’a jamais été plus important que le fait de maintenir des investissements et d’assurer une bonne diversification.

Les marchés ont toujours eu tendance à maintenir le cap dans les périodes d’élections présidentielles, que le vainqueur de la Maison Blanche soit un démocrate ou un républicain. Cela dit, voici un aperçu de quatre scénarios qui pourraient se présenter en novembre.

Scénario 1: victoire écrasante des démocrates

Les démocrates remportent la Maison Blanche, le Sénat, et gardent le contrôle de la Chambre. Ce scénario produirait le changement politique le plus radical, avec en premier lieu le renversement probable des priorités politiques de Donald Trump sur de nombreux fronts, notamment les impôts, l’immigration et la réglementation. Il pourrait en résulter un démantèlement total ou partiel du Tax Cuts and Jobs Act de 2017, qui comprenait des réductions d’impôts significatives.

Scénario 2: impasse

Joe Biden, le candidat démocrate, remporte la Maison Blanche; les républicains gardent le contrôle du Sénat. Ce résultat déboucherait probablement sur une impasse politique, dans laquelle il serait difficile de faire passer toute législation importante. Cela pourrait se traduire par un contrôle plus ferme de la Securities and Exchange Commission, ainsi que par un retour dans les priorités du contrôle exercé par le ministère du Travail sur les plans de retraite des salariés.

Scénario 3: statu quo

Donald Trump remporte l’élection, les républicains conservent le Sénat. Ce scénario engendrerait le moins de changements, puisqu’il s’agit tout simplement de la situation actuelle. L’environnement de confrontation politique se poursuivrait. Mais peu importe qui occupera la Maison Blanche en janvier, il y aura beaucoup de travail dans la gestion post-Covid.

Scénario 4: division improbable

Trump remporte l’élection, les démocrates s’emparent du Sénat. Cela pourrait donner naissance à une hostilité plus grande que celle que nous avons observée au cours des deux dernières années. Bien qu’un tel résultat soit de l’ordre du possible, il reste peu probable étant donné que les grandes élections sénatoriales calquent de plus en plus le vote présidentiel dans chaque État.

Impacts sur les investissements

En période d’élections, il peut être difficile pour les investisseurs de conserver une perspective à long terme. Il serait compréhensible que les investisseurs anxieux préfèrent botter en touche et attendre de voir comment le contexte évolue. Toutefois, les leçons du passé nous montrent que c’est souvent une erreur. Le plus important, ce n’est pas le résultat des élections, mais de rester investi sur les marchés. 

Observons la performance historique de l’indice composite Standard & Poor’s 500 sur les huit dernières décennies: sur 18 des 19 élections présidentielles qui ont lieu sur la période, un investissement hypothétique de 10.000 dollars réalisé au début de chaque année électorale aurait vu sa valeur progresser 10 ans plus tard, et ceci, quel que soit le candidat vainqueur. Sur 15 de ces périodes de 10 ans, le même investissement aurait même plus que doublé. Bien que les résultats passés ne garantissent pas les rendements futurs, les craintes liées aux élections ne devraient donc pas dissuader les investisseurs de conserver une perspective à long terme.

La seule période de 10 ans affichant un résultat négatif est celle qui a suivi l’élection de George W. Bush en 2000. Au cours de cette décennie, le S&P 500 avait enregistré une performance négative sous l’effet de deux grands bouleversements: l’éclatement de la bulle internet en 2000, et la crise financière mondiale de 2008.

À l’opposé, le rendement le plus élevé atteint lors d’une année électorale revient à l’année 1988, lorsque George H. W. Bush a remporté la présidence, puisqu’un investissement de 10.000 dollars cette année-là aurait permis de récupérer 52.567 dollars fin 1997.