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EY 2020 Global Alternative Fund Survey

L’investissement alternatif sort indemne de 2020



81% des firmes de private equity ont égalé – ou dépassé – les prévisions pour l’année 2020. (Photo: Shutterstock)

81% des firmes de private equity ont égalé – ou dépassé – les prévisions pour l’année 2020. (Photo: Shutterstock)

Les résultats des fonds alternatifs ont été à la hauteur des espérances des gestionnaires en 2020, mais le cabinet d’audit EY pointe toutefois des retards en matière d’investissements ESG, ainsi qu’un manque persistant d’égalité des genres en interne.

Si l’année 2020 a relevé du cauchemar pour une large majorité de la planète, tel n’est pas le cas pour les fonds d’investissement alternatifs. En 2020, les gestionnaires de fonds alternatifs ont, lorsqu’ils ne les ont pas surpassées, largement égalé leurs performances antérieures, rapporte l’étude mondiale annuelle du géant de l’audit et du conseil, EY .

En témoignent les chiffres avancés par Ernst & Young. Près de 81% des investisseurs estiment que les performances – comprendre le taux de rendement - ont été égalées ou dépassées en matière de private equity. Bien que moins important, ce chiffre s’élève à 77% pour le crédit et 58% dans les hedge funds.

Même volume d’actifs

Les volumes d’actifs dédiés aux investissements alternatifs sont restés inchangés. Dans le détail, si la part de ceux-ci allouée aux hedge funds est en baisse de 23% en 2020 – elle était de 33% en 2019 et 40% en 2018 –, elle est restée stable en matière de private equity et de venture capital, plafonnant à 26%.

Une hausse est par ailleurs à noter pour les investissements en private credit, grimpant de 5% à 11% en un an. Ceci s’explique principalement par le fait que les investisseurs anticipent un cycle de crédit dû à la pandémie de Covid-19, y voyant un gage d’opportunités.

Par ailleurs, près de 52% des gestionnaires de hedge funds estiment que les défis à venir – crise sanitaire et volatilité accrue en tête – devraient pousser les investisseurs à privilégier la gestion active. Une tendance encore plus marquée du côté des gestionnaires de fonds spéculatifs disposant de plus de 10 milliards de dollars d’actifs sous gestion, qui sont près de 75% à penser que la pandémie de Covid-19 augmentera l’intérêt pour ce type de gestion.

À la traîne en matière d’ESG

Près de la moitié des investisseurs misent sur des produits comprenant des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance. Le chiffre a doublé sur l’année écoulée. Plus d’un quart des investisseurs sont même tenus d’investir dans des produits socialement responsables. Là aussi, les chiffres ont doublé depuis 2019.

Ce type d’investissement représente donc une rampe d’accès vers la croissance. Et pourtant, les acteurs du secteur ont du mal. Seuls 20% des gestionnaires de fonds offrent des produits estampillés ESG. Le cabinet d’audit EY souligne – à l’heure où 88% des investisseurs interrogent leurs gestionnaires sur la manière dont sont inclus les critères ESG dans leurs décisions – que les structures ayant déjà une stratégie dans le domaine bénéficieront d’un avantage certain.

«La plupart des progrès observés dans notre étude sur les questions ESG ont été réalisés en dehors des États-Unis. Néanmoins, pour envisager une demande accrue des investisseurs pour ces produits et pour que leurs gestionnaires demeurent des citoyens respectueux des normes, nous nous attendons à des changements», résume Dietmar Klos, real estate leader chez EY Luxembourg.

Genres et ethnies

Chez les cadres du secteur, ils sont près de 52% à ériger l’égalité des genres comme l’une de leurs trois principales priorités. Mais si la prise de conscience est cruciale pour l’avenir, il reste de la marge. Au sein des fonds alternatifs, seuls 68% d’entre eux ont des politiques informelles – ou aucune – sur le sujet. Quelque 56% des fonds spéculatifs et près de 39% des sociétés de private equity comptent moins de 10% de femmes aux postes de front office.

Même constat en termes ethniques, où 65% des gestionnaires de fonds alternatifs et 78% des sociétés de private equity ont moins de 10% de leurs employés en front office issus de minorités sous-représentées. Pourtant, rappelle l’étude d’EY, «une organisation ethniquement diversifiée est également essentielle au succès d’une organisation et constitue un axe d’orientation majeur pour les investisseurs».