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Gestion d’actifs

L’industrie des actifs privés entre dans une nouvelle ère



95% des transactions sur les actifs privés ont une taille plus petite et sont réalisées sur des marchés moins efficaces. (Photo: Shutterstock)

95% des transactions sur les actifs privés ont une taille plus petite et sont réalisées sur des marchés moins efficaces. (Photo: Shutterstock)

La croissance et l’accélération du marché des actifs privés amènent les investisseurs à considérer de nouvelles primes de risque. À défaut de prime d’illiquidité désormais obsolète, la compétence à accéder à des marchés niches dans un univers d’investissement complexifié apporte des sources alternatives de rendement.

L’augmentation des levées de fonds sur le marché des actifs privés entraîne avec elle une accumulation des capitaux non investis. C’est la tendance constatée par Schroders Capital qui annonce, dès lors, des entrées de valorisations plus élevées. Ce qui pourrait, à son tour, réduire les attentes sur les performances des actifs privés.

«Alimenté par un stimulus monétaire et fiscal ainsi que par de solides performances passées, l’intérêt pour les actifs privés a fortement augmenté», déclare Nils Rode, chief investment officer chez Schroders Capital. «Cela a porté les niveaux de levées de fonds dans certaines régions nettement au-dessus de leur tendance à long terme», poursuit-il.

Alimenté par un stimulus monétaire et fiscal ainsi que par de solides performances passées, l’intérêt pour les actifs privés a fortement augmenté. Cela a porté les niveaux de levées de fonds dans certaines régions nettement au-dessus de leur tendance à long terme.
Nils Rode

Nils Rode,  chief investment officer,  Schroders Capital

Le marché européen a, par exemple, connu une explosion de 240% des levées de fonds de capital-risque et de capital de croissance l’année dernière. Ce chiffre a été atteint principalement grâce à l’émergence des fameuses licornes, ces entreprises privées dont la valorisation est supérieure à un milliard de dollars. Également concernée par une envolée, la levée de fonds annuelle pour les infrastructures aux États-Unis et en Europe a augmenté de 170% au cours des cinq dernières années.

La fin de la prime d’illiquidité

La croissance des levées de fonds s’accompagne d’une complexification de l’industrie qui offre, du coup, une grande sélectivité aux investisseurs. Les gestionnaires d’actifs ont également tendance à augmenter la taille de leurs fonds. De la sorte, le fonds de private equity moyen a augmenté de 48% pour atteindre 336 millions de dollars en cinq ans, selon la société de données d’investissement Preqin.

Conséquence de la croissance du marché des actifs privés, la prime d’illiquidité s’en trouve réduite. À mesure que les actifs privés gagnent en popularité, leur liquidité augmente.

Toutefois, Schroders Capital rappelle que la prime d’illiquidité n’est pas le seul avantage que les actifs privés ont à offrir. Il existe aussi la prime de complexité. Celle-ci est capturée lorsque survient, d’une part, une situation particulièrement complexe en matière d’accès, de risques et d’opportunités. D’autre part, cette prime s’obtient lorsque des compétences rares sont déployées pour sélectionner, négocier, développer et sortir de l’investissement.

La compétence récompensée

«Les différences de compétences sont généralement plus prononcées sur les actifs privés que pour les investissements cotés en bourse», explique Nils Rode, précisant que «l’accès aux informations et aux connaissances y est plus limité». Cette capacité se révèle tout particulièrement dans l’acquisition d’actifs dont les tailles des transactions sont plus petites et réalisées sur des marchés plus difficiles d’accès et plus spécialisés – aussi appelée la stratégie de la «longue traîne». Ce qui crée des opportunités pour les participants les plus qualifiés du marché.

Les différences de compétences sont généralement plus prononcées sur les actifs privés que pour les investissements cotés en bourse. L’accès aux informations et aux connaissances y est plus limité.
Nils Rode

Nils Rode,  chief investment officer,  Schroders Capital

Selon Schroders Capital, 95% des transactions – la longue traîne – ont une taille plus petite et sont réalisées sur des marchés moins efficaces. Une observation qui pousse donc à une approche de diversification des actifs. Compte tenu de son volume élevé de transactions, la longue traîne offre un univers d’investissement à la fois plus large, plus complexe et plus diversifié.

Sur ce constat, Schroders Capital s’attend à ce que l’industrie des actifs privés se développe à présent dans une nouvelle phase qualifiée de «private assets 4.0». À l’apparition de la prime de complexité et la diversification des portefeuilles viennent s’ajouter la dimension de l’impact des investissements et de nouvelles options de liquidité.