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conséquences économiques

Les indépendants ne veulent pas être oubliés



Le groupe Facebook de Giovanni Patri réunit plus de 600 start-up et indépendants qui réclament davantage d’aides pour faire face à la crise du Covid-19. (Photo: Giovanni Patri)

Le groupe Facebook de Giovanni Patri réunit plus de 600 start-up et indépendants qui réclament davantage d’aides pour faire face à la crise du Covid-19. (Photo: Giovanni Patri)

Des indépendants tirent la sonnette d’alarme en pleine crise du coronavirus. Giovanni Patri a créé un groupe Facebook réunissant les demandes de plus de 600 d’entre eux.

«Chrisitan… coiffeur gérant… qui doit subvenir aux besoins de 11 collaborateurs.» «Je viens de lancer mon cabinet de bien-être, et boum! Plus de clientèle, et loyer à payer tous les mois…» «Mon souhait, c’est de pouvoir toucher au moins le minimum pour payer mon prêt et survivre quelques semaines!»…

Les témoignages se multiplient sur le groupe Facebook Rescue Independents & Startups . Giovanni Patri, CEO de la start-up Phoenici active dans la protection de l’identité numérique, l’a créé dimanche dernier. Un moyen de prendre le pouls du terrain et de défendre les intérêts des indépendants auprès du gouvernement, avec qui il est en contact direct.

Pourquoi avoir créé ce groupe sur Facebook?

Giovanni Patri. – «J’ai ouvert le groupe avec beaucoup d’humilité. Il compte plus de 600 membres. Dont 80 à 90% d’indépendants de tous les bords qui n’obtenaient pas de réponse à leurs questions.

Nous sommes aussi occupés à créer une plate-forme sur laquelle indépendants et start-upper vont pouvoir s’enregistrer pour s’entraider. Nous réfléchissons aussi à fonder une union des indépendants au Luxembourg pour que cela ne se reproduise plus.

Quels sont les principaux problèmes que les indépendants rencontrent?

«Nous sommes dans une situation où, en mars, il n’y a rien eu comme activité, et en avril non plus.

Je viens de recevoir un message d’une personne qui m’explique: ‘J’ai payé mes salaires, j’ai payé toutes mes charges. Le problème, c’est que je n’ai plus d’argent.’ Un indépendant ou un start-upper, c’est un jongleur qui se dit que demain il va recevoir l’argent de ses facturations, donc pouvoir payer ses charges… Mais là, il n’y a plus de facturation.

Les indépendants qui travaillent seuls sont confrontés à des charges sociales, fiscales et au loyer. Beaucoup travaillaient en flux tendu, ce qui fait que leurs plus gros créanciers sont l’État et leur propriétaire. D’autres ont des salariés. Ils sont considérés comme associés-gérants, et contrairement à leurs employés, ils ne peuvent pas toucher de chômage partiel alors qu’ils n’ont plus de revenus. 

Quelles mesures attendez-vous?

«Une requête que nous avions faite au gouvernement a été validée. Il s’agit de la suppression des charges sociales pour les indépendants et les start-up pour les deux premiers trimestres de 2020. C’est génial.

J’ai proposé la mise en place pour les indépendants d’un équivalent à un chômage partiel, auquel ils n’ont pas le droit aujourd’hui. Je suggère que la sécurité sociale, dont ils dépendent, leur paie une sorte d’arrêt maladie au moins pendant cette période de crise.

Une autre idée serait d’obtenir une garantie financière en créant un fonds de soutien avec l’État, les banques et même des acteurs privés pour assurer la survie des indépendants qui ne sont pas membres de la Chambre de commerce et qui ne peuvent pas bénéficier de sa garantie à hauteur de 50% de financement. Si nous arrivons à réunir un ou deux millions, nous pourrions sauver quelques indépendants.

J’avais proposé aussi au gouvernement de créer un fonds de soutien pour toute la partie bail et loyer, parce que la plupart des commerçants et indépendants, sans rentrée d’argent, n’arrivent pas à payer leur loyer. Le problème, c’est que le gouvernement ne peut pas vraiment s’immiscer dans une relation contractuelle qu’il y a entre le bailleur et le locataire. C’est complexe. Je suis un ancien banquier, je vais contacter les quatre plus grosses banques de la Place pour demander un tour de table.»