POLITIQUE & INSTITUTIONS — Europe

Voyages et Covid-19

L’impact d’une fermeture de frontières au Luxembourg



En Belgique, le débat sur une fermeture partielle des frontières refait surface dans les médias. (Photo: Shutterstock)

En Belgique, le débat sur une fermeture partielle des frontières refait surface dans les médias. (Photo: Shutterstock)

Les restrictions de voyages chez nos voisins belges ont déjà un impact sur les voyagistes au Luxembourg. Rien que le fait d’évoquer de nouveau l’hypothèse d’une fermeture partielle des frontières pourrait aussi avoir un effet indirect.

Beaucoup de pays l’avaient fait au début de la crise: fermer leurs frontières pour enrayer la propagation du Covid-19. Après la fin des premiers confinements nationaux, les vacances d’été puis de Noël, et à l’approche des congés de février, le sujet revient encore une fois sur la table. En Belgique, où les infections repartent à la hausse, selon RTBF, on s’interroge sur l’efficacité de déconseiller les voyages à l’étranger sans fermer les frontières . Le ministre fédéral des Indépendants et des PME David Clarinval s’est prononcé en faveur de plus de clarté, avec une fermeture partielle, qui n’empêcherait pas les trajets professionnels ou obligatoires pour raisons familiales par exemple, mais ceux de loisirs, notamment dans le cadre des congés de Carnaval.

En France, on parle plutôt d’une fermeture des frontières avec le Royaume-Uni , avec qui les restrictions de voyage sont déjà nombreuses.

Qu’en dit le Luxembourg? Le ministère des Affaires étrangères et européennes n’a pas pu nous répondre à ce sujet, bien qu’il se soit déjà prononcé par le passé contre une fermeture des frontières avec ses voisins.

Une clientèle belge en baisse

Ce genre d’annonce a en tout cas un impact sur certains voyagistes du pays. Chez Luxair, «les clients belges sont déjà en forte régression», témoigne Gilles Feith , CEO. De 10,1% de la clientèle de LuxairTours, ils représentaient en décembre 3,9% des ventes, rien qu’avec les voyages déconseillés. S’ils deviennent interdits, cela pourrait être pire. «Cela dépendra de comment ce sera mis en œuvre.» Même situation pour le marché allemand, dont la part est passée de 10,9% à 3,2%. La France, qui représente normalement 37,5% de la clientèle, est aujourd’hui à 11,6%. Au-delà des frontières luxembourgeoises, «pour nous, les règles changent tous les jours dans les différents pays. Nous nous adaptons».

Berny Ley, directeur adjoint de Voyages Flammang, s’inquiète surtout de l’effet indirect de ces annonces. La grande majorité de sa clientèle est de toute façon composée de résidents, et la fermeture partielle des frontières n’est rien de plus qu’une hypothèse, mais le fait de l’évoquer a un «impact général qu’on ne peut pas évaluer. Les gens qui lisent la presse belge, même au Luxembourg, vont peut-être penser à reporter leur voyage», explique-t-il. Alors que, pour lui, partir à deux dans un hôtel de manière sécurisée sans voir de monde est beaucoup moins dangereux que de rejoindre sa famille pour les fêtes sans respecter les gestes barrières. «Pour les politiciens, le coupable est souvent à l’extérieur. Cela dévie l’attention.» Aujourd’hui, son activité reste entre 75 et 80% inférieure à ce qu’elle devrait être.

Fernand Heinisch , gérant associé des agences de voyages Emile Weber, ne craint pas de détérioration de la situation, déjà bien compliquée. «Nous avons quelques clients frontaliers, mais ce n’est pas la majorité. Et pour l’instant, on a très peu de réservations, c’est très timide.»