ENTREPRISES & STRATÉGIES — Immobilier

Un portail immobilier face au coronavirus

Immotop.lu en pause attire toujours des visiteurs



La plate-forme Immotop.lu enregistre entre 15.000 et 16.000 visiteurs uniques par jour pendant la crise du Covid-19, contre 20.000 à 30.000 en temps normal. (Photo: Immotop.lu)

La plate-forme Immotop.lu enregistre entre 15.000 et 16.000 visiteurs uniques par jour pendant la crise du Covid-19, contre 20.000 à 30.000 en temps normal. (Photo: Immotop.lu)

Malgré la crise du coronavirus qui a mis le secteur immobilier à l’arrêt, des portails en ligne comme Immotop.lu continuent d’attirer les visiteurs. Son CEO, Serge Uschkaloff, estime que les signatures s’enchaîneront dès que la situation s’améliorera.

Comment Immotop.lu a-t-elle été touchée par le coronavirus?

Serge Uschkaloff. – «Nous avons fermé les bureaux, mais une partie de l’équipe continue à maintenir le fonctionnement du site et du SAV à distance. Les agences ont aussi fermé, mais leurs annonces restent visibles sur internet. Même après avoir réduit les investissements publicitaires, nous comptabilisons quand même entre 15.000 et 16.000 visiteurs uniques par jour. Le trafic habituel varie entre 20.000 et 30.000.

Comment vous êtes-vous réorganisés?

«Immotop.lu a été lancé pendant la crise financière de 2008. Dès son lancement, nous avons construit un business model flexible et résistant afin qu’il puisse survivre pendant une quelconque crise. Grâce à cela, notre organisation interne nous permet de continuer à fonctionner dans les conditions actuelles difficiles.

Nous employons 18 personnes. Certaines sont en maladie (trois à quatre, simple rhume ou angine), d’autres en congé pour des raisons familiales (deux ou trois personnes), le reste de l’équipe est en télétravail. Nous n’avons pas encore recouru au chômage technique ou partiel, mais ça risque d’arriver à notre équipe commerciale, dont la mission est mise en pause suite à la crise.

Ressentez-vous un impact au niveau du chiffre d’affaires?

«Il est encore tôt pour estimer l’impact de la crise sur notre chiffre d’affaires annuel (2,5 millions d’euros en 2019). Pour le moment, nous continuons à travailler sur la base du budget initialement prévu. Il est très important dans cette période incertaine de bien gérer ses dépenses. Espérons juste que la phase active de cette crise (confinement) ne dure pas plus d’un mois, dans le cas contraire, les sociétés n’ayant pas de réserves vont être obligées de fermer… 

Comment se porte le secteur de l’immobilier en cette période?

«La production est mise en pause pour un délai encore inconnu. L’arrêt des chantiers va engendrer un retard imminent sur la livraison de biens immobiliers en cours de construction.

Notre pays, déjà plongé depuis de nombreuses années dans la pénurie en matière de logements, ne pourra plus assumer la réalisation de tous les projets de construction en respectant les délais initialement prévus. De ce fait, la crise actuelle ne peut qu’aggraver la situation dans le secteur immobilier, notamment en ce qui concerne l’offre et la livraison des biens en VEFA (vente d’immobilier à construire).

Pour les biens anciens, les vendeurs et acheteurs risquent de décaler leurs démarches en attendant le retour à la normale.

Comment pourra se rétablir le secteur?

«Les familles confinées à leur domicile ont plus de temps à consacrer à la recherche de biens immobiliers correspondant à leurs besoins à venir. Une fois la crise terminée, les visites et les signatures s’enchaîneront.

L’acquisition d’un bien immobilier étant une démarche importante dans la vie de chacun, ces types de projets ne peuvent être annulés. Donc, pour toutes les affaires en cours, il ne devrait pas y avoir de blocage.

En revanche, la hausse des prix immobiliers au Luxembourg risque de stagner à court terme. Le consommateur comprendra que l’on n’est nulle part à l’abri, même pas au Luxembourg. Si le gouvernement assure une sortie douce de la crise actuelle, la situation se stabilisera rapidement, la confiance se rétablira et, à moyen terme, les prix repartiront à la hausse.»