POLITIQUE & INSTITUTIONS — Institutions

Près de quatre ans de travaux

Immersion dans le ventre du Pont Rouge



Le chantier du pont Grande-Duchesse Charlotte, aussi appelé Pont Rouge, est en cours depuis octobre 2015. Sur le point de se terminer, les Ponts et Chaussées ont invité à découvrir de quelle manière son renforcement intérieur avait eu lieu.

Il ne fait pas son âge, certes. Mais le pont Grande-Duchesse Charlotte, ou Pont Rouge, a tout de même passé le cap du demi-siècle d’existence. C’est en effet en 1966 qu’il a été inauguré, après quatre ans et demi de travaux. Surmontant la vallée de l’Alzette, il relie le Limperstberg au Kirchberg.

Long de 325 mètres, ce pont à béquilles est alors une petite prouesse technique qui se distingue aussi à l’époque par son aspect moderniste. «Je ne peux dire qu’une chose: c’est que les gens qui y ont travaillé dans les années 60 ont vraiment bien travaillé», souligne Gilberto Fernandes, responsable technique du chantier de rénovation pour l’Administration des ponts et chaussées.

Un contrôle intégral tous les trois ans

Tous les trois ans, le pont est entièrement contrôlé. Et des travaux y sont menés quand cela est nécessaire. C’est le cas depuis octobre 2015 avec un vaste chantier  devant l’adapter au passage du tram et aux nouveaux modes de mobilité douce , et en même temps contribuer à renforcer sa structure.

La première phase a donc consisté à mener ces modifications à bien et «ce temps a aussi été mis à profit pour poser des éléments de renforcement extérieurs».

La seconde phase, qui se termine maintenant, a été celle du renforcement interne.

Le renforcement intérieur s’est fait au niveau des quatre caissons qui constituent les culées nord et sud. (Photos: Nader Ghavami)

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Chaque caisson a des dimensions impressionnantes et a été fabriqué en Allemagne.  (Photo: Nader Ghavami)

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Perspective plongeante vers le bas d’une des béquilles du pont. (Photo: Nader Ghavami)

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Pour circuler dans les entrailles du pont, on passe par des portes-écoutilles, comme dans un sous-marin. (Photo: Nader Ghavami)

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Des milliers de boulons assurent le maintien des différentes pièces. (Photo: Nader Ghavami)

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Le Pont Rouge n’est rouge qu’à l’extérieur. (Photo: Nader Ghavami)

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En 1966, le pont à béquilles était une petite prouesse technique. (Photo: Nader Ghavami)

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Ce qui s’est fait en intégrant des profilés métalliques dans les quatre caissons qui, deux par deux, forment les culées nord et sud du pont. Un travail nécessaire car, explique encore Gilberto Fernandes, «on a constaté un phénomène spécifique statique très local demandant une intervention. Ce qui ne pouvait être prédit au moment de la construction.»

Une technique utilisée pour la première fois en Europe

Ne reste plus maintenant que quelques travaux de finition en surface et l’achèvement de la mise en peinture extérieure. Ce qui connaîtra un peu de retard puisque la société en charge de cette dernière mission a été faillie  au début du mois de juillet. Les Ponts et Chaussées ne souhaitent guère faire de commentaires sur le sujet. Mais on confirme qu’il s’agissait là d’une sous-traitance de la part de Tralux Construction et Eiffel Deutschland, qui avaient emporté le marché global. Même si l’administration gardera un œil attentif quant au choix qui sera fait, c’est bien à l’association momentanée Tralux-Eiffel de trouver une nouvelle entreprise de peinture. Des contacts seraient déjà établis dans ce but.

Le chantier de rénovation aura en tout cas été aussi innovant et moderne que celui de la construction même du pont. «On a ainsi utilisé pour le renforcement le SPS (Sandwich Plate System), un matériau composite. C’est une première européenne pour un pont. De plus, la bande de roulage ne fait que 6 à 8mm via une autre technique spéciale. D’habitude, elle est de 2 à 3cm», souligne Gilberto Fernandes.

Le pont a été soulevé pour remplacer les huit béquilles

Le responsable technique met en avant une autre prouesse vertigineuse. Chaque culée est composée de deux caissons, eux-mêmes portés par deux béquilles. En tout, le pont est donc soutenu par huit béquilles. «C’est passé totalement inaperçu, mais à un moment le pont ne reposait plus sur ses béquilles d’origine. Nous l’avons entièrement soulevé, afin de mettre en place des pieds temporaires reposant sur les socles d’origine, pour remplacer les béquilles de 1966», relate-t-il.

Dernier détail, méconnu aussi sans doute: le Pont Rouge n’est rouge qu’à l’extérieur. À l’intérieur, toute la structure est gris acier. Ce qui ne concerne finalement que le personnel chargé de l’entretien de cet ouvrage d’art, devenu désormais un des symboles de la Ville de Luxembourg.