POLITIQUE & INSTITUTIONS — Institutions

120 enseignants et parents contre le masque en classe

«Ils ne voient pas l’utilité du port du masque»



La question du port du masque en classe fait débat. (Photo: Romain Gamba / Maison Moderne)

La question du port du masque en classe fait débat. (Photo: Romain Gamba / Maison Moderne)

Me Jean-Marie Bauler porte la voix de 120 enseignants, tuteurs et parents d’élèves au Luxembourg. Ces derniers souhaitent que soit levée l’obligation du port du masque en classe, qu’ils jugent inefficace. L’avocat s’interroge aussi sur la responsabilité, en cas de problème de santé dû à son port.

«Une levée immédiate de l’obligation du port du masque dans les écoles et les structures d’accueil»: telle est la demande de 120 enseignants et parents d’élèves représentés par l’avocat Me Jean-Marie Bauler, dans une lettre ouverte au ministre de l’Éducation nationale. Son argumentaire s’appuie sur une trentaine de pages en annexe, entre études et décisions juridiques. Certaines pouvant bien sûr être contredites par d’autres. Nous avons fait le point avec lui sur leurs revendications.

Qui sont les 120 personnes à l’origine de cette demande?

Me Jean-Marie Bauler. – «Des enseignants, éducateurs ou parents d’élèves, qui souhaitent rester anonymes. Il y a un petit nombre qui a sensibilisé un plus grand nombre, et il y a eu un contact avec le cabinet. Cela s’est fait au cours des dernières semaines.

Je n’ai pas de statistiques, mais ils ne viennent pas d’une seule école ni de deux. Cela concerne essentiellement le fondamental.

Le port du masque n’est pas imposé au niveau national, mais la liberté est laissée aux directions des écoles . Un problème que vous soulignez dans votre courrier…

«D’après mes connaissances, la plupart le rendent obligatoire. Si on va dans ce sens, pourquoi le ministre ne l’impose-t-il pas partout? C’est un premier point important pour moi, comme dans toute la gestion de cette pandémie. C’est comme si on laissait le choix aux directions des hospices accueillant des personnes âgées. Si c’est un grave problème de santé publique, c’est au gouvernement de prendre les responsabilités, et non à des niveaux inférieurs.

Un certain nombre de questions se posent sur les conséquences du port du masque pour la santé. Il y a la qualité, comment il est traité, comment il est lavé, porté… Si vous êtes enseignant et que votre directeur vous oblige à porter un masque et à l’imposer à vos élèves, si vous ne le faites pas, vous risquez un avertissement ou un licenciement. Pour le moment, je n’ai pas connaissance de cela. Mais cela doit être clarifié, car si un enfant ou un enseignant tombe malade à cause du masque: qui est responsable?

Le courrier a également été adressé aux directions des écoles.

Au-delà de la question de la responsabilité, ce que vous demandez, au final, c’est que le masque ne soit pas obligatoire en classe. Pourquoi?

«La revendication primaire est qu’ils ne voient pas l’utilité du port du masque. Le masque engendre beaucoup plus d’autres problèmes qu’il ne résout la question de cette pandémie. (Dans sa lettre, l’avocat évoque aussi des difficultés de communication entre élèves et enseignants, ndlr).

Dans ce cas, quelles mesures proposez-vous pour éviter la propagation du Covid-19?

«Ce n’est pas à moi de le dire. Il y a des tonnes de gens qui s’occupent de cela depuis des mois. Dans les écoles, il y a déjà une certaine distanciation, il y a l’aération des salles. La question du masque peut se poser lorsqu’on circule dans les bâtiments. Mais en classe… Encore une fois, s’il est à ce point important, pourquoi le ministre ne demande-t-il pas de le porter?

Quelles seront les suites de cette lettre?

«Mes mandants espèrent que le débat s’ouvrira enfin. Ils demandent la levée des masques, et des réponses aux questions précises posées dans la lettre, notamment sur le volet des responsabilités.

Et en cas de non-réponse de la part du gouvernement?

«Une solution serait, par exemple, le cas d’une personne sanctionnée (pour non-port du masque en classe, ndlr), qui se défendrait en disant que ce dernier n’était pas nécessaire. En dernier lieu, un juge doit en débattre, à moins qu’il y ait un vaste débat public.»