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Enseignement

Une rentrée scolaire sous le signe du Covid



Lors de cette rentrée scolaire 2020/2021, qui se fait sous la menace du Covid-19, il n’y aura pas de classes divisées en deux groupes différents et scolarisés en alternance. Pour permettre cette «normalité», un plan composé de 12 mesures phares est appliqué, allant du dépistage des enseignants et des élèves à la désinfection méticuleuse des bâtiments scolaires. (Photo: Shutterstock)

Lors de cette rentrée scolaire 2020/2021, qui se fait sous la menace du Covid-19, il n’y aura pas de classes divisées en deux groupes différents et scolarisés en alternance. Pour permettre cette «normalité», un plan composé de 12 mesures phares est appliqué, allant du dépistage des enseignants et des élèves à la désinfection méticuleuse des bâtiments scolaires. (Photo: Shutterstock)

La rentrée scolaire 2020/2021, qui a lieu ce mardi et concerne 152.153 élèves et 10.891 enseignants, se veut «la plus normale possible», alors que la menace du Covid-19 subsiste. L’organisation planifiée par le gouvernement, si elle n’évite pas quelques critiques, est globalement saluée.

152.153 élèves et 10.891 enseignants vont participer à la rentrée scolaire 2020/2021 ce mardi. Une rentrée qui, si elle s’effectue sous la menace de la pandémie de Covid-19, se veut malgré tout la plus «normale» possible, a assuré le ministre de l’Éducation nationale, Claude Meisch (DP).

Il n’y aura ainsi pas de classes divisées en deux groupes différents et scolarisés en alternance, comme lors de la période post-confinement. Pour permettre ce «retour à la normale», un plan composé de 12 mesures phares est appliqué, allant du dépistage des enseignants et des élèves à la désinfection méticuleuse des bâtiments scolaires.

En cas de contamination d’élèves, trois scénarios sont prévus selon le nombre de cas (cas isolé, plusieurs cas dans une classe, foyer d’infection dans l’école), avec des mesures graduelles (quarantaine du ou des élèves, fermeture d’une classe, voire de l’école en dernier recours).

Ces décisions seront prises au cas par cas par les établissements en concertation avec les équipes de la Direction de la santé. Mais une plus grande autonomie est laissée aux directions des lycées, qui pourront décider de la part de cours en présentiel ou à distance ou de la nécessité d’imposer le port du masque en classe.

Normalité aussi dans les transports

Concernant le transport scolaire, la normalité est aussi de mise. À part le port du masque, aucune mesure spécifique n’est appliquée. «Jusqu’à présent, aucune étude n’a démontré que le risque d’infection dans les transports en commun soit particulièrement élevé», explique le ministre de la Mobilité, François Bausch (Déi Gréng), à Paperjam. «C’est même le contraire: quand tout le monde met le masque, le risque de s’infecter dans le bus est minime.»

Si le plan de Claude Meisch a été globalement salué, que ce soit par le Syndicat des villes et communes luxembourgeoises (Syvicol) ou le Syndicat national des enseignants (SNE), d’inévitables critiques en ont pointé les faiblesses.

L’organisation de la nécessaire aération des bâtiments suscite ainsi des inquiétudes, comme le souligne le Syvicol ou le président du SNE, Patrick Remakel. Ce dernier regrette aussi que la prise de température à l’entrée des bâtiments n’ait pas été retenue.

Si elle se réjouit par ailleurs de la plus grande autonomie laissée aux lycées, l’opposition n’a pas le même point de vue. «Nous avons clairement le sentiment que le ministre délègue une partie de ses responsabilités aux directions des lycées», souligne ainsi la chef de fraction CSV à la Chambre, la députée Martine Hansen (CSV). Qui regrette aussi qu’aucun plan spécifique n’ait été développé concernant les élèves les plus vulnérables.

Rattraper le retard scolaire

Les syndicats s’inquiètent par ailleurs du retard scolaire accumulé par certains élèves pendant le confinement. Pour pallier cela, des cours de rattrapage facultatifs, lancés début septembre, se poursuivront durant le premier semestre. Mais, étant facultatifs, «nous ne sommes pas certains de viser 100% des élèves concernés», reconnaît Patrick Remakel.

Si des cas isolés de Covid-19 sont inévitables, la crainte reste bien sûr de devoir aller jusqu’à fermer des classes, ou même une école entière. Mais, en cas de quarantaine ou de fermeture de classes, afin de permettre aux parents de garder leurs enfants, les jours de congé pour raisons familiales, normalement limités, ne seront pas décomptés.

Et, côté enseignement à distance, les élèves et enseignants bénéficieront de l’expérience acquise lors du confinement. D’autant plus que l’équipement sera plus adapté. «Nous avons équipé nos salles avec des webcams et des micros», assure ainsi le directeur adjoint de l’Athénée de Luxembourg, Marc Dosser.

«Si deux ou trois classes sont fermées, il n’y aura pas de problème pour organiser l’enseignement à distance avec les caméras ou les ordinateurs disponibles», assure la directrice du Lycée Robert Schuman, Michèle Remakel. Teams sera de rigueur pour les cours à distance, les élèves et les enseignants ayant désormais l’habitude d’y recourir.

11% des infections à l’école

15.500 tablettes supplémentaires ayant été commandées par l’État, des cours d’introduction à leur utilisation, de deux ou trois heures, sont organisés à la rentrée pour faciliter l’utilisation des principaux outils, prévient Michèle Remakel.

Si elle a effectué sa rentrée plus tôt, l’École européenne a prévu, de son côté, en cas de risque élevé de contaminations, «des emplois du temps alternatifs» qui organisent, surtout pour le secondaire, «une solution mixte (classes in situ et en ligne) en réduisant davantage la circulation des élèves au sein du bâtiment et le mixage des élèves au sein des classes», prévient la direction.

Mais l’espoir que la propagation dans les écoles ne soit pas trop forte subsiste. Claude Meisch s’est voulu rassurant sur ce point. Les infections auraient principalement lieu au sein du milieu familial, qui, selon une étude, rassemble 40% des infections diagnostiquées chez les enfants et jeunes. Pour environ 11% des infections qui se feraient dans les enceintes scolaires.