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Hugues Delcourt va quitter la Bil



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Hugues Delcourt estime que le moment est venu de partir. (Photo: Lala La Photo / archives Paperjam)

L’actuel CEO de la Banque internationale à Luxembourg va laisser son siège à Marcel Leyers au 1er mai prochain. Hugues Delcourt se donne le temps de la réflexion avant d’entamer de nouveaux projets professionnels.

«Ech sinn Lëtzebuerger». Le prochain chapitre d’ Hugues Delcourt  s’écrira bien au Luxembourg, mais plus à la tête de la plus ancienne banque universelle du pays.

Le CEO de la Banque internationale à Luxembourg (Bil) a en effet décidé de quitter ses fonctions, apprend-on ce jeudi dans un communiqué de presse diffusé par la banque.

Le conseil d’administration (sous réserve d’approbation par la CSSF) a «unanimement nommé Marcel Leyers nouveau CEO de la Bil», précise le communiqué. M. Leyers (56 ans), de nationalité luxembourgeoise, a rejoint la banque en 1983. Il occupe actuellement les fonctions de head of corporate and institutional banking et est membre de la direction autorisée.

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Marcel Leyers (Photo: Bil)

«Je suis triste de voir partir Hugues Delcourt, et je le remercie pour son excellente contribution au développement de la Bil, déclare Luc Frieden , président du conseil d’administration de la banque. Le conseil d’administration est heureux d’avoir trouvé en Marcel Leyers un banquier expérimenté, disposant d’une connaissance approfondie de la Bil et du marché luxembourgeois.»

Les deux hommes travailleront à la transition jusqu’au 1er mai prochain.

Faire les choses «différemment»

Après une carrière internationale d’une trentaine d’années menée notamment en Asie, Hugues Delcourt  avait pris ses fonctions en octobre 2014 , succédant à François Pauly.

Sa décision de quitter la banque aux 2.000 collaborateurs n’est pas liée à l’arrivée d’un nouvel actionnaire en juillet 2018, en l’occurrence le chinois Legend Holdings , assure le principal intéressé.

«Il n’y avait pas d’idée de changement d’actionnaire quand j’ai débuté ma mission, déclare Hugues Delcourt à Paperjam. Ce changement était devenu logique, car Precision Capital était un actionnaire purement financier. La décision de partir me revient, et elle est tout d’abord fondée sur l’idée qu’un CEO ne doit rester ni trop peu ni trop longtemps. Il est important, pour le bien de la société, d’avoir régulièrement de nouvelles vues à sa tête. Mais il faut trouver le bon moment pour partir. Or, nous arrivons à la fin de  notre plan stratégique Bil2020,  nous allons lancer un nouveau plan à cinq ans, et je crois qu’il est bon que le porteur de ce plan soit aussi celui qui l’implémente.»

Je sais simplement que je ne ferai pas la même chose dans une autre banque.
Hugues Delcourt

Hugues Delcourt,  CEO,  Bil

À bientôt 51 ans, Hugues Delcourt, qui a acquis en décembre dernier la double nationalité luxembourgeoise (en plus de son passeport français), entend bien rester au Luxembourg où il se sent «chez lui». Après une phase de recul nécessaire, il envisagera de nouveaux challenges.

«Je vais commencer une deuxième étape de ma vie professionnelle. Je ne cherche plus à faire carrière, je n’ai d’ailleurs pas de plan précis. Je sais simplement que je ne ferai pas la même chose dans une autre banque.»

Autre certitude, le futur ex-CEO restera en contact avec «sa» banque, puisqu’il a accepté une mission de conseiller de Legend Holdings pour ses activités d’investissements internationaux.

Verra-t-on Hugues Delcourt en tant qu’entrepreneur à son propre compte? Il n’exclut pas d’apporter son expérience à des projets qui l’intéresseront. Un regard optimiste sur l’avenir, qu’il partage aussi sur le pays. Tout en restant vigilant.

«Beaucoup de choses vont bien. Le Luxembourg a beaucoup d’atouts, mais d’autres choses vont moins bien ou pourraient mieux aller. N’ayons pas peur de nous dire les choses et de nous réinventer. Rien n’est jamais acquis», souligne Hugues Delcourt.