PLACE FINANCIÈRE & MARCHÉS — Banques

Mercato bancaire

Delcourt succède à Pauly à la tête de la Bil



Hugues Delcourt commence dans ses nouvelles fonctions dès mercredi. (Photo: paperJam / Archives)

Hugues Delcourt commence dans ses nouvelles fonctions dès mercredi. (Photo: paperJam / Archives)

La banque de la route d’Esch, appartenant pour 90% à la famille royale qatarie, change de tête. Hugues Delcourt succède à François Pauly à la tête du groupe. Le Luxembourgeois prend la présidence du conseil d’administration.

Le changement a été annoncé à la surprise générale par la banque ce mardi après-midi. Le Luxembourgeois François Pauly cède sa place au Français Hugues Delcourt à la tête de la direction opérationnelle du groupe bancaire. Le changement sera effectif dès mercredi.

Hugues Delcourt, banquier formé à HEC Paris et à l’Insead, a effectué une bonne partie de sa carrière chez ABN Amro, entre l’Europe et l’Asie, avec des intermittences chez BGL (quelques mois en 2008) et chez UBS Luxembourg (pour un an seulement), en tant que managing director.

Ses pérégrinations entre Singapour, d’où il arrive, la Suisse, l’Italie, les Pays-Bas ou Hong-Kong lui valent une bonne connaissance d’un marché international que la Bil vise via ses filiales et succursales. Des trois dernières années, il a d’ailleurs occupé les fonctions de CEO d’ABN Amro Asie et Moyen-Orient.

Pauly déjà là sous Dexia

Depuis fin 2011, la banque de la route d’Esch a d’ailleurs pour actionnaire majoritaire – 90% - la famille royale qatarie. L’État luxembourgeois détient les 10 autres pourcents.

François Pauly, nommé en juillet 2011 alors que l’établissement était encore sous le giron de Dexia, devient président du conseil d’administration en remplacement de Frank Wagener… qui avait déjà cédé son siège à la direction opérationnelle au même François Pauly. L’intéressé demeure membre du CA, en tant que président honoraire.

Cette nomination – annoncée par voie de communiqué – est assortie de commentaires plutôt formels de George Nasra, CEO de Precision Capital, véhicule d’investissement représentant les intérêts qataris (détenteur à 100% de la banque KBL), lequel ne parle jamais à la presse. «François Pauly a contribué de manière significative à positionner la banque pour une croissance forte et durable. Nous lui sommes reconnaissants pour le travail accompli et sommes satisfaits qu’il continuera de collaborer étroitement avec la banque», commente-t-il.

Comme à la KBL

Le ministre des Finances, Pierre Gramegna, est également cité pour le compte de l’actionnaire luxembourgeois: «Ces trois dernières années, et en particulier depuis la finalisation du processus d’acquisition en 2012, François Pauly a contribué à la transformation d’une des plus anciennes banques luxembourgeoises en un groupe moderne et performant. Nous nous réjouissons de continuer à travailler avec lui en sa qualité de président du conseil d’administration.»

La Bil semble en effet sur de bons rails. La banque aux 2.000 employés a encaissé un revenu de 281 millions d’euros au deuxième semestre, contre 258 l’année précédente. Le résultat net s'est lui stabilisé autour de 67 millions d'euros.

L’actionnaire qatari peut donc finir de placer ses hommes, comme il l’avait fait dans son «autre» banque luxembourgeoise en remplaçant en janvier Jacques Peters (déjà présent sous l’ère KBC) par Yves Stein.