POLITIQUE & INSTITUTIONS — Politique

Contre les mesures sanitaires

Henri Kox ne tolérera pas le tourisme de manifestants



Le 11 décembre dernier, Henri Kox, ministre de la Sécurité intérieure, s’est rendu sur le terrain un peu avant le début des manifestations. (Photos: Guy Wolff/Maison Moderne/Archives)

Le 11 décembre dernier, Henri Kox, ministre de la Sécurité intérieure, s’est rendu sur le terrain un peu avant le début des manifestations. (Photos: Guy Wolff/Maison Moderne/Archives)

Le ministre de la Sécurité intérieure, Henri Kox, assure que le «tourisme» de manifestants ne sera pas toléré lors des prochaines actions au Luxembourg.

«Les manifestations non déclarées et mal intentionnées sont un phénomène récent au Luxembourg. Ce genre de ‘tourisme’ de manifestants ne sera nullement toléré. Le dispositif de sécurité est en permanence adapté pour réagir de manière adéquate et selon l’évolution de la situation. La composition du groupe de manifestants de ce week-end était hétérogène et a évolué depuis les premières manifestations. Une partie des manifestants du week-end passé n’avait qu’une seule intention, à savoir troubler l’ordre public. Nous ferons preuve d’une tolérance zéro face à ces derniers», indique le ministre de la Sécurité intérieure, Henri Kox (déi Gréng), contacté par Paperjam, avant d’ajouter «qu’au-delà de la gestion des manifestations, il s’agira de mener un débat au niveau national, afin de prévenir plus efficacement cette radicalisation et de comprendre les origines de ce phénomène récent».

Le ministre se veut aussi rassurant en précisant que la police «procède à une analyse de risque avant chaque manifestation et prend en compte toutes les informations auxquelles elle peut accéder afin d’adapter le dispositif de sécurité en conséquence. Dans ce contexte, la police échange aussi régulièrement avec ses homologues à l’étranger.»

Des fauteurs de troubles venant de Lorraine et d’Alsace

Le week-end dernier, une poignée de fauteurs de troubles venus de Lorraine et d’Alsace s’est greffée aux manifestants qui s’opposaient aux mesures sanitaires mises en place par le gouvernement. S’il n’y a pas eu de «casse», l’attitude de ces individus n’est pas passée inaperçue en comparaison aux manifestants habituels et relativement calmes.

Pour autant, leur présence a fait naître une certaine crainte, celle de voir la capitale devenir le terrain de jeu de fauteurs de troubles, ou pire, de casseurs venant de l’étranger et très peu concernés par le débat de société autour des mesures sanitaires.

De plus, les manifestants n’ont pas vraiment respecté le périmètre défini allant du Glacis à la place de l’Europe. Se réunissant devant la gare de Luxembourg pour remonter ensuite vers le centre-ville, certains étaient en effet bien loin du fameux «zonage» élaboré par les autorités.

Le service Communication de la police confirme «suivre la situation de près» avec une «évaluation des risques effectuée au préalable et l’établissement d’un dispositif en fonction des risques». Si la police ne dévoile pas les détails de son dispositif, elle garde un œil attentif sur les réseaux sociaux et est en contact régulier avec les autorités étrangères afin de recueillir un maximum d’informations.

Les commerçants en ont marre

L’éventualité de la présence récurrente de fauteurs de troubles dans les manifestations du week-end et le non-respect du périmètre de manifestation inquiètent cependant des habitants de la capitale, et commencent aussi à exaspérer les commerçants. Sur les ondes de 100,7, Mireille Rahmé-Bley, présidente de l’Union commerciale de la Ville de Luxembourg, a expliqué que «les commerçants en ont marre de la situation». Ils ferment les magasins au moment des manifestations, car ils ont peur des éventuels dégâts matériels. De plus, comme les manifestants ne respectent pas le zonage et donnent de la voix dans les rues commerçantes, un climat de tension régnerait dans les rues de la capitale le week-end. Conséquence directe, les familles et la clientèle évitent de se rendre en ville au moment des manifestations et les commerçants subissent une baisse d’activité après avoir déjà fortement souffert depuis deux ans.